Comment résister aux vannes

Certaines personnes adorent envoyer des vannes.

 

Ça fait partie de leur mode de communication.

 

Ils se moquent de tout.

 

C’est gentil, ça ne part pas d’une mauvaise intention.

 

Ils vannent tout le monde. Tout le temps.

 

Les gens qu’ils apprécient.

 

Les gens qu’ils aiment moins.

 

Tout le monde.

 

Peut-être plus les gens qu’ils apprécient d’ailleurs.

 

 

Pour nous, qui manquons un peu de répartie, ces vannes sont très dures à vivre.

 

Vraiment très dures.

 

Rien qu’en écrivant ces mots j’ai un pincement au cœur.

 

Une foule de souvenirs qui remontent en moi.

 

Des expériences particulièrement douloureuses.

 

Qui m’ont laissé des morsures profondes.

 

Avec des cicatrices encore visibles aujourd’hui.

 

 

Il y a une expérience en particulier.

 

Je n’en ai parlé à presque personne.

 

 

Mais j’ai envie d’en parler aujourd’hui.

 

C’est hyper personnel.

 

Mais ça va me faire du bien d’en parler.

 

 

Et je pense que ça peut vous faire du bien à vous aussi de lire cette histoire.

Les quelques lecteurs du blog à qui j’ai pu en parler m’ont tout de suite dit qu’ils avaient eu des expériences similaires.

 

On croit qu’il n’y a que nous.

 

Parce qu’on n’en parle pas.

 

Parce qu’on a honte.

 

Personne n’en parle, mais beaucoup ont vécu ce genre d’expériences.

 

 

Voici donc cette expérience.

 

 

Un jour j’ai fait un stage d’escalade pendant une semaine.

 

Dans les Alpilles en France.

 

Je devais avoir 16 ou 17 ans.

 

On était une douzaine.

 

J’étais un des plus jeunes (la plupart avaient entre 25 et 30 ans).

 

 

Un des stagiaires était un « vanneur ».

 

TOUT dans sa communication n’était que vanne.

 

Il était aussi le centre de l’attention, tout le temps.

 

Il parlait, bien et beaucoup.

 

Les autres tournaient autour de lui.

 

Attendaient sans cesse la petite blague qui va sortir.

 

Vous connaissez sûrement ce type de personnes…

 

 

Tous les soirs, au dîner, il imitait quelqu’un.

 

Quelqu’un du groupe.

 

Pendant quelques minutes, il mimait.

 

Et les autres devaient deviner qui c’était.

 

En général c’était « plutôt » bon enfant.

 

 

Un soir, il commença son show.

 

(en écrivant ça j’ai tout le corps qui stresse… mon cœur va plus vite… j’hésite à aller jusqu’au bout… mais j’ai décidé de partager ça avec vous.

Il faut casser un tabou).

 

Il prit sa cuillère, la plongea dans la soupe.

 

La tête baissée. En regardant sa soupe.

 

Il ramena sa cuillère à sa bouche.

 

Puis, regarda furtivement à droite, puis furtivement à gauche.

 

Ensuite il baissa de nouveau la tête.

 

Plongea sa cuillère dans la soupe.

 

Et recommença.

 

 

Ca a duré longtemps.

 

Quelques longues minutes.

Ou secondes peut-être.

 

En tout cas ça m’a paru un temps infini.

 

 

Personne n’osait parler.

 

Il y avait silence absolu.

 

Tout le monde savait de qui il s’agissait.

 

Mais personne n’osait le dire.

 

 

Je pense qu’au fond d’eux, les autres n’étaient pas d’accord avec lui.

 

Pas d’accord avec cette méchanceté.

 

Pas d’accord parce qu’ils sentaient que ça devait être terrible pour moi.

 

Car c’est bien moi qu’il imitait.

 

 

Et là, heureusement, la monitrice (qui m’aimait bien comme je suis) a cassé la glace.

 

Elle a dit que c’était méchant et exagéré, et elle a détourné l’attention et changé de sujet.

 

 

Pour moi, c’était fini.

 

Le reste du séjour a été un calvaire.

 

J’avais eu honte.

 

Très honte.

 

J’avais été rabaissé.

 

Je n’avais pas su me défendre.

 

 

C’est comme si je me considérais comme perdu aux yeux des autres.

 

En tout cas à mes propres yeux.

 

 

Cette expérience, j’en ai très peu parlé.

 

Juste à quelques élus.

 

Elle me hante jusqu’à aujourd’hui.

 

 

Quand j’écris ces lignes, je ne me sens pas bien.

 

D’ailleurs, je ne sais pas si je vais la partager sur Facebook. Peut-être pas.

Je vais garder ça juste pour la newsletter.

 

 

Ce genre de mecs, il faut les envoyer chi*r.

 

Ce genre de mecs, ils sont légion en France.

 

Des bataillons entiers prêts à sévir sans répit à la moindre brèche dans le camps adverse.

 

 

(et croyez-moi, après avoir pas mal voyagé et vécu dans d’autres pays : c’est très spécifique à la France.

 

Je ne dis pas que ça n’existe pas dans d’autres pays, mais en France c’est vraiment une mode.

 

Vanner est une mode.

 

Se moquer des autres est cool.

 

Tout le monde ne le fait pas, mais il y a une certaine catégorie de personnes qui fonctionnent comme ça.

 

Surtout les mecs d’ailleurs).

 

 

Ces gens il faut les fuir.

 

Il ne faut pas les laisser nous bouffer la vie.

 

 

Ce que j’aurais dû faire à l’époque ?

 

Lui lancer une vanne.

 

 

Ce que je ferais aujourd’hui si j’étais dans cette situation ?

 

Je me mettrais à l’imiter en train de se moquer des autres.

 

Ou je lui dirais qu’il est difficile d’en placer une avec lui.

 

Ça ferait rire les autres, et je garderais l’honneur.

 

Tout en le remettant à sa place.

 

 

Aujourd’hui je n’ai plus de problèmes à faire ça.

 

Je le fais de temps en temps, quand l’occasion se présente.

 

Et puis, surtout, je ne laisserais pas sa vanne m’atteindre à ce point.

 

Je considérerais que c’est un mec infréquentable, et m’en éloignerais.

 

 

Aujourd’hui, je ne laisse plus ce genre de personnes avoir un impact sur ma vie.

 

Elles n’ont pas le droit.

 

Je les remets à leur place, et m’éloigne d’eux.

 

 

J’ai perdu quelques « amis » comme ça.

 

Tant pis.

 

Je me suis rendu compte qu’ils n’arrêtaient pas de me vanner.

Et ça me mettait mal à l’aise.

 

Pourquoi s’encombrer de ce type de relations, si c’est pour se faire du mal ?

 

 

Des personnes qui ne savent rien faire d’autre que vanner n’ont pas le droit d’avoir une influence sur ma vie.

 

La vie est bien trop courte pour ça.

 

 

Un texte un peu personnel aujourd’hui.

 

 

N’hésitez pas à m’écrire un petit email si vous souhaitez partager vous aussi une expérience.

 

Vous allez voir, c’est thérapeutique de raconter une histoire comme ça.

 

Un histoire qu’on n’a jamais oser raconter à personne.

 

Ça fait du bien.

Surtout à une personne qui ne vous juge pas, et a vécu des choses similaires aux vôtres.

 

 

Et si vous souhaitez apprendre à être plus fort dans ce genre de situations, et ne plus laisser ce genre de personnes vous bouffer la vie, cette page pourra vous intéresser.

 

Merci de m’avoir lu jusque-là.