Qui suis-je ?

Avez-vous déjà fait l’expérience d’un jeu de rôle où vous fixez vous-même les règles ? Un jeu qui vous invite à vous transformer en quelqu’un d’autre le temps d’un instant ou d’un après-midi. Un jeu qui vous amène progressivement à vous demander régulièrement : Qui suis-je réellement?

Ce jeu de rôle, je l’ai expérimenté. Une fois. Puis deux. Pour le rejouer encore et encore, jusqu’à la perte de mon identité.

Qu’il est difficile de trouver sa place dans ce monde lorsqu’on ne correspond pas aux standards de la sociabilité classique!

 Rire fort, au bon moment, répartir à tout va, parler de tout et de rien avec aisance, capter l’auditoire, parler de soi sans en faire trop et avec légèreté…

Autant de difficultés pour un introverti à tendance timide que ce  spectacle social qui représente une merveille ethnographique à ses yeux!

Mais qui suis-je pour être en totale opposition avec les habitudes sociales de mes pairs?

Je n’ai jusqu’à présent pas encore compris tous les mécanismes de l’extraverti, ceux qui l’aident à communiquer avec tant de facilité et qui lui permet d’avoir des tas de copains partout où il se promène…(voire l’article de Julien sur Comment avoir de la répartie)

En revanche, je me suis efforcée de lui ressembler. Jusqu’à y laisser des plumes.

Mais qui suis-je vraiment?

 Au début de ma jeune vie d’adulte :

J’aimais bien qui j’étais, ma compagnie me suffisait et je n’ai jamais eu le besoin de fréquenter un tas de gens pour me sentir bien.

 Loin d’être une ermite pour autant, voir un ou deux amis à la fois était un vrai moment de plaisir partagé, et il ne m’en fallait pas plus pour être heureuse.

Mais le temps passant, et les rencontres de la vie commençaient à me faire douter de moi et ma façon d’envisager la vie.

Des tas de questions commencèrent à se bousculer dans ma tête…

Pourquoi les autres reçoivent toujours des messages de personnes différentes tout au long de la journée? Pourquoi certains fuient la solitude et cherchent à faire des tas de trucs le samedi aprèm alors que moi je m’extasie en pensant à ma séance ciné solo? Pourquoi les autres sont tous tellement enjoués à l’idée d’aller à une soirée bondée de monde, alors que moi, rien ne m’angoisse plus au monde? Qui suis-je pour ne pas aimer les mêmes choses que les autres?

Toutes ces interrogations m’ont fait douter et surtout m’ont amené à changer qui j’étais afin d’être comme eux…Sociable, appréciée et avec un  téléphone en ébullition consatante.

Du moins tenter d’être comme eux…

Après tout, j’aime les gens, cela ne devrait pas être si compliqué.

Le chemin pour arriver au saint Graal de la super-sociale-attitude m’a pris du temps et beaucoup d’observation.

Je me prenais donc au jeu sans le savoir, de ce que préconise le grand Tony Robbins, à savoir imiter.

Alors, j’ai imité, joué à être, à faire…

Un jour, une rencontre

Fatiguée, usée et en perte d’identité, je fis un jour la démarche d’aller à la rencontre d’un même spécimen que moi.

Toute nouvelle blogueuse que j’étais je partis à la pêche aux abonnés susceptibles d’être touchés par mon travail.

C’est là que je tombe sur un compte Instagram qui véhicule des idées similaires aux miennes…

Ce compte évoque l’introversion mais également le désir de se créer une vie de rêve tout en acceptant d’être pleinement soi.

Je pris donc la décision de contacter cette personne afin d’organiser une rencontre et d’échanger sur notre particularité singulière…

Celui-la avait plutôt l’air de bien vivre son introversion. Il ne manquait pas de confiance et lui semblait aussi bien dans ses baskets que toutes les autres personnes auxquelles je m’évertuais à ressembler.

Cette rencontre arrivait au point nommé. J’allais enfin pouvoir percer le secret de l’introverti heureux.

Après une timide entrée en matière, la discussion s’étant rapidement orientée vers l’aisance sociale, je réussis à obtenir quelques pistes (qui me seraient salutaires dans un futur proche).

Parmi ces pistes, des tests psychologiques poussés, des vidéos de conférences de spécialistes mais surtout des ouvrages… Un en particulier : La force des discrets, de Susan Cain.

Soyons honnête, ce livre n’a pas radicalement changé ma vie, ni mon état d’esprit de manière instantanée. Mais il m’a offert une chose, une réflexion poussée sur moi-même.

Qui suis-je en réalité? Une introvertie? Une timide?…

S’il existe une diversité de personnalité, pourquoi vouloir s’évertuer à ressembler coûte-que-coûte à seulement une partie de l’espèce humaine?

Cette réflexion m’a mise face à ma propore incohérence; je voulais en réalité plaire à tout le monde… Ce qui est bien évidemment impossible.

La remise en question n’a pas été le plus compliqué, mais la rennaîssance en pratique du « vrai moi ».

Progressivement, je me pris au jeu d’observer non pas la masse courante des extravertis, mais les autres, les discrets justement.

Mon attention étant focalisée sur eux, ma perception des relations sociales étaient tout autre! Malgré ce que j’ai pu penser des années durant, j’étais loin d’être seule, bien au contraire.

  • Il y a l’introverti affirmé, plein de confiance, il a la punchline facile et son verbe est délicieux. Il est génialissime, il dégaine quand on s’y attend le moins pour mettre à plat ses détracteurs. Le voir en action est un pur régal.
  • Celui qui n’a pas confiance en lui et se recroqueville. Il semble ne pas prêter la moindre attention au monde qui l’entoure. Il s’ait créé son propre monde et ne veut pas en sortir. Comme-ci l’univers commun était trop dur à affronter.
  • Vous avez également l’intro-timide qui lui est à l’écoute, il est bien présent, mais on ne l’entend que rarement. Son mot d’ordre est l’observation.

Il y en a des tas, mais il serait difficile de tous les énumérer tant notre monde est riche en personnalités diverses…

Le changement c’est maintenant

Suite à ces réfléxions, il était donc contradictoire de vouloir persister dans mon erreur et de continuer à jouer à celle que je n’étais pas.

Le temps aidant et la confiance en moi acquise au fur et à mesure, j’ai fini par ne plus m’encombrer et à assumer pleinement qui j’étais. Une prise de conscience, un changement profond  mais également un travail sur moi-même m’ont aidé. (on en parle dans cet article sur la respiration consciente : https://timideetheureux.fr/a-la-source-la-respiration-consciente/)

Avec le temps, je me suis rendue compte que les autres, eux, ne se gênaient pas d’être qui ils étaients sous prétexte de m’incommoder… J’ai de plus en plus ressenti ce sentiment que les autres adorent être qui ils sont, raconter leur vie, se mettre en avant et surtout ne s’empêchent pas de dire ou faire quelque chose sous peur de blesser quelqu’un… Alors pourquoi me suis-je évertuée à plaire à tout le monde alors que les autres se fichent de me plaire?!

Puisque je suis heureuse comme ça et que quoi que je fasse, je ne plairais jamais à tout le monde, autant vivre pleinement mon existence avec mon vrai moi.

N’est-ce pas Oscar Wilde qui disait : « Soyez vous-même , les autres sont déjà pris! » ?

Alors je suis redevenue moi, un coup dans ma bulle et un coup dans la foule. Tantôt en compagnie d’un pavé savoureux, tantôt en compagnie d’une tablée de personnes chères à mon coeur. En étant moi-même avec mes forces et mes faiblesses, que les uns m’aiment c’est génial car ils m’aiment pour moi et pas pour l’image que je veux donner de moi. Si certains ne m’aiment pas, ce n’est pas grave, c’est le jeu et je m’en accommode.

Alors qui suis-je? Je suis moi tout simplement.

C’est un sentiment difficile à expliquer mais une fois qu’on le ressent, au plus profond de soi, l’acceptation de vous-même est la plus belle chose que vous pouvez vous offrir…

Cet article a été rédigé avec amour par Jasmine Moineau du blog https://timideetheureux.fr/,
qui entreprend d’aider les timides et les personnes mal dans leur peau
à accepter leur particularité pour en faire une force.