Quand votre professeur ou votre manager vous bloque votre carrière parce que vous êtes trop discret(e)

Voici le message d’une lectrice :

“Dans l’école où je suis, un professeur, celui qui décide en grande partie si l’on peut continuer, m’a clairement fait comprendre que si je restais discrète, que si je ne participais pas plus souvent, je ne passerais pas en année supérieure”.

 

Quand j’ai lu ce message, cela m’a mis hors de moi.

Mon corps entier s’est mis à éprouver une hargne, une haine presque, pour ce que se permettait de faire ce professeur.

 

Je n’aime pas me mettre en rogne, je suis quelqu’un de pacifique.

Mais là, c’est plus fort que moi.

Ça doit être à cause de toutes ces remarques similaires que j’ai entendu moi-même par le passé.

 

A cause de tous ces moments où l’on m’a dit qu’il fallait absolument…

… que je lève le doigt en cours, quitte à dire une bêtise

… parler pendant le dîner avec les amis de mes parents, c’est plus poli

… participer en réunion professionnelle dans mon entreprise et être plus visible, parce que c’est le seul moyen de progresser et obtenir un meilleur poste (et une augmentation)

… entretenir mon réseau avec mes collègues, c’est indispensable pour réussir dans la vie

… entretenir TOUTES ses amitiés, juste parce que c’est comme ça qu’il faut faire quand on est quelqu’un de bien

 

Moi, maintenant, les “il faut que…”, vous savez ce que j’en pense.

 

… parce que ne pas lever la main en classe ne m’a pas empêché de faire des études secondaires, puis de décrocher un bon job

… parce que ne pas participer en réunions ne m’a pas empêché de progresser dans mon entreprise, d’être apprécié, et d’arriver à des postes de management même

… parce que ne pas parler au dîner avec des amis de mes parents n’a pas gâché ma vie

… parce que ne pas entretenir mon réseau avec mes collègues ne m’empêche pas de faire la carrière que je veux, en m’entourant des quelques personnes que j’apprécie VRAIMENT

… parce que ne pas garder toutes mes amitiés me va très bien, je garde simplement ceux avec lesquels je me sens bien.

 

Quand un professeur dit qu’une trop grande discrétion peut être un handicape, je conçois. Et encore, c’est très contestable…

Je conçois même qu’il en parle à l’étudiant, pour l’inciter à travailler dessus, comme il parlerait à un autre étudiant de s’améliorer en maths. Et encore, je pense que l’étudiant n’a pas besoin qu’on lui rappelle encore et encore ce point qui lui fait très mal, et dont il est tout à fait conscient.

Mais quand un professeur menace un élève de ne pas passer en classe supérieure, parce qu’il ne participe pas assez, c’est comme refuser l’accès à la classe supérieure à quelqu’un parce qu’il a des tâches de rousseur ou qu’il est bègue.

Avec un tel professeur, Einstein n’aurait probablement pas pu faire d’études supérieures…

 

Bref, vous l’aurez compris, je pousse mon coup de gueule aujourd’hui.

 

Et si je pousse ce coup de gueule, ce n’est pas pour vous inciter à vous énerver vous aussi contre toutes les personnes qui vous reprochent votre discrétion : professeurs, managers, parents, amis…

 

C’est pour vous faire prendre conscience de l’absurdité de la situation, et de votre DROIT à être qui vous êtes.

 

Je n’affirme pas qu’il est bon d’être trop discret. Il est certain que dans nombre de situations cela peut être un handicape (en tout cas dans notre société occidentale… ce n’est souvent pas le cas dans d’autres sociétés plus “introverties”, comme dans les sociétés traditionnelles asiatiques ou même d’Europe du Nord).

Mais lorsqu’une personne est très à l’aise à l’oral, et est incapable de laisser parler les autres : c’est aussi un handicape.

 

C’est juste que notre société a un problème particulier avec cette discrétion.

Et nous-même, aussi, avons un problème particulier avec notre propre discrétion.

A cause de toutes ces remarques que l’on a reçu.

 

Mais le truc, c’est qu’on peut changer les choses.

 

Comment ?

En commençant pas nous-même. En ne voyant pas cela comme un problème.

Si vous-même ne voyez plus ça comme un problème, alors les autres autour de vous commenceront à ne plus voir cela comme un problème.

 

Et s’ils continuent à voir cela comme un problème ? Eh bien c’est leur problème… parce que pour vous, ce n’est plus un problème :-).

Vous voyez le truc ?

 

En tout cas, si aujourd’hui vous voyez encore votre discrétion comme un problème, je vous invite à lire cette page qui pourra vous aider.

A bientôt,

Julien