J’ai choisi ce titre un peu provocateur, pour montrer le ton. Bien que, vous le verrez, l’article soit plus nuancé. Mais je vous laisse vous faire votre propre avis.

Nous recevons souvent le conseil de sortir de notre zone de confort, pour progresser. Il semble qu’il soit indispensable de sortir de sa zone de confort pour décrocher un emploi, pour progresser dans son entreprise, pour apprendre à parler en public, pour être moins timide, pour avoir plus d’amis… bref, pour être plus apte à vivre dans notre société. A tel point que l’on a assimilé au plus profond de nous cette nécessité de sortir de notre zone de confort, et que l’on complexe presque lorsque nous restons dans cette fameuse zone de confort, honteuse caverne que nous devrions fuir comme la peste.

Sortir de sa zone de confort : le faux bon conseil

Pour les personnes de tempérament introverti, cela se traduit souvent par une certaine honte occasionnelle de préférer rester seul plutôt que de sortir s’ “amuser” avec les autres. Cela se traduit aussi souvent par la honte de ne pas assez parler avec les autres. Ou de ne pas assez se montrer, de rester trop discret. De trop réfléchir. Est-ce si mal de trop réfléchir ?

Il nous faudrait repousser nos limites en permanence, pour être plus à l’aise à l’oral, plus sociable, plus tout ce que vous voulez.

Notre zone de confort, à nous, introvertis, c’est un endroit calme, idéalement seul, où nous pouvons travailler tranquillement, ou laisser notre esprit vaquer à des rêves désordonnés, ou se laisser guider par les lignes construites d’un bon livre.

Pour d’autres (les personnes plus extraverties), cette zone de confort est dans un groupe d’amis ou de collègues, dans une conversation à bâtons rompus, idéalement une conversation légère et drôle.

Il nous faudrait apprendre à être sociables, à participer aux réunions autour de la machine à café, aux soirées d’entreprise, participer à toutes les rencontres entre amis. Il nous faudrait, en fait, nous adapter à leur zone de confort !

A chacun sa zone de confort, à chacun d’explorer parfois la zone de confort des autres, en sortant de la sienne.

Imaginez un alpiniste qui escaladerait tous les mois le mont Everest. Combien de temps survivrait-il ?

Les plus grands alpinistes survivent, car ils se préparent, et se reposent entre deux extrêmes. C’est grâce à cela que leurs limites se repoussent petit à petit.

Les plus grands orateurs ne pourraient présenter du matin jusqu’au soir quotidiennement. Ils ont besoin de se recentrer entre deux prestations.

Les introvertis ne peuvent non plus être en permanence dans le contact, dans les conversations mondaines, dans le mouvement… il va de leur survie (ou surtout de leur bonheur) de savoir se recentrer dans leur zone de confort le plus souvent possible. Il faut identifier sa zone de confort : les endroits et les situations où l’on se sent bien. Ou l’on se repose véritablement. Ces moments de calme et de solitude. Il faut savoir se réserver ces moments le plus souvent possible, pour être apte à sortir quand il le faut dans le grand monde.

Si l’on essaie en permanence de suivre le rythme des extravertis, en acceptant tout le temps leurs propositions de sorties, leurs suggestions de participer plus, de parler plus, de dire ce que l’on pense, d’exprimer nos émotions… si l’on suit ce rythme, le risque de s’épuiser est fort. Et c’est le meilleur moyen de ne pas arriver, finalement, à être à l’aise dans ces situations hors de notre zone de confort. De ne pas arriver à parler dans des groupes, ou d’être trop discret lorsque nous souhaiterions être plus visibles.

Il est bon de sortir de sa zone de confort. Je n’ai probablement pas besoin de développer pourquoi : tapez une requête “sortir de sa zone de confort” sur votre moteur de recherche favori, et vous trouverez de nombreux articles expliquant pourquoi sortir de sa zone de confort est indispensable pour progresser dans sa vie. Oui, c’est vrai. Si l’on ne cherche pas à sortir de sa zone de confort, on risque de ne pas progresser. Mais si l’on cherche à en sortir tout le temps, le résultat risque d’être encore pire. Il faut savoir doser.

Lorsque l’on est introverti, on reçoit toute notre vie le message que nous devrions être plus sociables, moins discrets, plus bavards, moins rêveurs, et j’en passe. Nous avons donc tendance à chercher en permanence à sortir de notre zone de confort. Et à négliger la nécessité de nous ressourcer dans notre zone de confort, pour pouvoir exceller hors de cette zone de confort lorsque le besoin en est réel.

Il ne faut pas avoir honte de notre zone de confort. Nous pouvons en être fiers. Elle est belle. Une zone de réflexions, de lectures, de rêves, d’introspection. La société a besoin de personnes réfléchissant, et calmant un peu le rythme fou qui l’anime. Notre zone de confort est un endroit que nous devons assumer pleinement.

Et c’est en étant fier de son droit à se ressourcer quand bon nous semble dans notre zone de confort, que nous aurons la force d’en sortir lorsque c’est nécessaire.

Si l’on vous reproche de ne pas être assez visible au travail, demandez-vous donc si vous respectez assez votre besoin de zone de confort au quotidien. Si ce besoin profond est comblé. Car s’il ne l’est pas, il est naturel que vous ne puissiez, ensuite, donner la visibilité que l’on attend de vous dans les moments voulus.

  • Avez-vous l’impression de ne pas arriver à trouver dans votre quotidien votre zone de confort ? 
  • Sortir de votre zone de confort est pour vous source de stress ? Vous avez l’impression de ne pas être à la hauteur ?
  • Vous avez l’impression que les autres vous jugent pour votre manque de visibilité, votre manque de répartie ?
  • Vous souhaiteriez être plus à l’aise pour vous mettre en avant dans les groupes, avec vos amis ou au travail ? 

=> si ces questions vous travaillent, je vous invite télécharger le guide ci-dessous. 

Et vous, comment vivez-vous cet équilibre entre zone de confort et sorties hors zone de confort ?