Une personnalité introvertie comme les autres

Voici le parcours d’une personnalité introvertie comme les autres.

Soulagée. C’est le mot qui revient dans la bouche de la plupart des personnes lorsqu’on leur demande de décrire ce qu’elles ont ressenti lorsqu’elles ont découvert qu’elles avaient une personnalité introvertie. Lorsqu’elles découvrent qu’une personne introvertie peut avoir aussi plein de qualités, qui peuvent être mises en valeur. Et soulagé : c’est le mot qui me vient également spontanément à l’esprit lorsque je décris ce moment que j’ai vécu, quand j’ai découvert ma personnalité introvertie.

Ce soulagement est dû au fait que l’on comprend soudainement qu’on est “normal”, que l’on a un trait de caractère assez courant, finalement, bien que mal accepté par la majorité. Lorsque l’on entend depuis des années que nous devrions changer notre manière d’être, entendre enfin que cette manière d’être est tout à fait normale fait énormément de bien.

La question qui vient généralement après ce soulagement est “et maintenant ?”. Car il serait illusoire de penser que la simple découverte de son introversion permet de se sentir mieux du jour au lendemain.

Pour illustrer cela, j’aimerais vous raconter une petite histoire. C’est l’histoire de Sophie.

Une personnalité introvertie sans le savoir

Il était une fois une petite fille très gentille. Elle s’appelait Sophie. Elle était adorable, plutôt discrète, respectueuse de ses jouets, de ses amis, elle ne criait pas beaucoup… Une “petite fille modèle” comme aimaient à le rappeler ses parents.
Bien-sûr, parfois on la taquinait un peu. Lors des réunions de famille, où tous ses cousins jouaient à cache-cache dans le jardin, ses parents lui disaient “allez ma puce, va voir les autres ! Tu ne vas quand même pas rester toute la journée seule dans ta chambre alors qu’il fait si beau dehors et que tous tes cousins sont ici !”. Souvent elle finissait par sortir, et jouer un peu avec les autres. Mais rapidement cela ne l’amusait plus. D’ailleurs elle avait l’impression que ses cousins se moquaient un peu d’elle, mais elle n’y faisait pas trop attention. Ce qui la tourmentait plus, c’est lorsque sa tante se moquait d’elle à table devant toute la famille en disant à sa mère : “Eh ! Ta fifille, faudrait peut-être que tu la sortes un peu !”. Mais dans l’ensemble, elle se souvient de ces années de manière plutôt positive. Ses parents étaient attentionnés, et malgré leurs petites remarques occasionnelles sur sa personnalité trop discrète, elle était aimée et se sentait bien.

Elle était loin de se douter qu’elle avait une personnalité introvertie. D’ailleurs, ça ne l’aurait pas intéressé.

Les premiers véritables mauvais souvenirs de Sophie datent de la première année à l’école des grands. Vers six ou sept ans. Il y avait tant d’enfants partout ! De grands enfants impressionnants qui faisaient plein de bruit, qui couraient dans tous les sens. Elle se souvient de sa hantise de la sonnerie de fin des cours, car cette sonnerie signifiait qu’elle devrait sortir dans la cour de récréation où personne ne l’attendait. Cette peur de ne pas arriver à s’intégrer dans aucun groupe, de rester dans un coin toute seule et que les autres la regardent de travers. Souvent, elle finissait tout de même par s’intégrer dans un groupe. Et puis elle a fini par trouver des amies. Mais il restait beaucoup de bruit dans cette cour, beaucoup d’activités qui la dépassaient. Elle voyait souvent avec soulagement la fin de la récréation, et ce moment de calme qui envahit la classe.

Puis vinrent les premiers bulletins scolaires. De la première année à la dernière année de l’école primaire, ceux-ci mentionnèrent irrémédiablement : “bonne élève, sage et studieuse, mais trop discrète. Doit participer plus activement en classe”. Au début, ses parents n’y ont pas trop prêté attention, car elle était bonne élève. Mais trimestre après trimestre, cela a commencé à les ennuyer. Et ils ont commencé à penser qu’il faudrait effectivement inciter leur fille à être plus visible. Ils se sont dit qu’elle était effectivement très timide, ou en tout cas trop discrète, et que cela lui jouerait des tours dans sa vie. Ils ont donc commencé à la pousser à être plus proactive dans ses relations avec les autres, et à participer plus en classe. Lors des réunions de famille, ils lui ordonnaient plus énergiquement d’aller jouer avec les autres. Lorsqu’ils parlaient des résultats scolaires, il lui reprochaient sa discrétion et lui conseillaient avec bienveillance de lever plus souvent le doigt, de dire ce qu’elle pense… ils lui disaient par exemple qu’il vaut mieux dire quelque chose quitte à se tromper que de ne rien dire du tout. Pourtant, elle avait beau faire, elle ne pouvait pas comprendre cela. Pourquoi dire quelque chose si on n’est pas sûr que c’est correct ?

C’est à cette époque qu’elle a commencé à s’imaginer que quelque chose clochait en elle. Tous autour d’elle semblaient d’accord avec cela : elle était trop discrète, et ce n’était pas normal. Il fallait qu’elle change cela pour être quelqu’un de bien. Pourtant, elle avait beau faire, elle n’y parvenait pas. Elle ne comprenait pas comment faire. Vers la fin de l’école primaire, vers dix ans, elle commençait à se sentir mal dans sa peau. Elle a commencé à être vraiment timide. A avoir peur de ce que disent les autres sur elle. A partir de ce moment, elle a commencé à véritablement se renfermer. Elle n’avait toujours pas entendu parler de personnalité introvertie.

Toutes les caractéristiques d’une personnalité introvertie étaient pourtant bien visibles. Mais à cette époque, personne ne savait ce qu’était l’introversion. Personne ne s’intéressait à la psychologie. Ni aux types de personnalités. Alors sa personnalité introvertie resta méconnue. Voire rejetée.

Les années collège n’ont rien amélioré. Tous les adolescents évoluaient en bandes organisées d’amis. Il fallait avoir ses dix copines autour de soi pour être “cool”. Les premières années, ça a été terrible. Souvent, elle s’attachait à un groupe, et essayait de s’intégrer. Elle faisait comme elles : elle riait, disait des bêtises, parlait de tout et de n’importe quoi. Mais cela finissait rapidement par l’ennuyer, ou la fatiguer. Et au bout d’un moment, elle n’y arrivait plus et se retrouvait de nouveau seule. Ceci dit, elle essayait. Et elle commençait à comprendre comment être comme les autres. Elle commençait à savoir faire.

Au lycée, cela a commencé à aller mieux. D’une part, elle avait quelques très bonnes amies avec lesquelles elle passait beaucoup de temps. Aussi, elle s’était découvert une passion – elle avait découvert qu’elle aimait écrire : dans son journal intime, et puis de petites nouvelles aussi. Le soir, elle passait beaucoup de temps à écrire, parfois jusque tard dans la nuit. Et cela lui donnait beaucoup de plaisir. Elle se sentait forte en écriture, seule avec elle-même, capable de noircir des pages et des pages sans s’arrêter.
Et puis il faut dire qu’elle n’était plus invisible à l’école, car elle était jolie, et les garçons s’intéressaient à elle sans qu’elle n’ait rien à faire. C’était assez gratifiant.
Tout cela lui donnait une nouvelle force. Et grâce à cette force, elle a commencé à s’intégrer plus facilement dans les groupes, elle a commencé à parler avec plus d’assurance, elle s’est surprise à lever le doigt en cours pour donner son avis… elle arrivait même à être de temps à autres le centre de toutes les attentions. Enfin, elle commençait à être normale.

Cette tendance a continué lors de ses études secondaires : elle aimait les cours, elle aimait étudier le soir, elle continuait à écrire, et à discuter de longues heures avec ses meilleures amies. Et lorsqu’elle venait dans une soirée avec beaucoup de monde, elle rayonnait ! Elle arrivait généralement de bonne humeur, les autres l’aimaient bien, elle était l’une des personnes les mieux appréciées. Elle se sentait vraiment bien. Elle était seulement un peu surprise, parfois, d’être soudainement fatiguée vers minuit, alors que tous ses amis continuaient à avoir de l’énergie à ne plus savoir qu’en faire… cela l’ennuyait un peu. Et elle était loin de se douter que c’était tout simplement là une des caractéristiques normales de la personnalité introvertie.

 

Je me permets de faire une petite pause ici dans le récit, pour apporter une explication. A cette époque, Sophie se sent assez bien dans sa peau. Elle se sent bien parce qu’elle joue beaucoup le rôle qu’on lui demande de jouer. Elle imite les autres.
Bien-sûr, elle ne le sait pas. Elle pense qu’elle a enfin réussi à ne plus être timide. Ce qu’elle ne sait pas non plus, ce que si elle est capable de jouer à l’extravertie avec autant de facilité, c’est parce qu’elle accorde beaucoup de temps à son introversion : la vie étudiante lui offre de nombreuses heures quotidiennes de solitude dans sa petite mansarde d’étudiante, elle passe beaucoup de temps à rêver, à écrire, et ses meilleures amies habitent juste à côté, si bien qu’elles passent beaucoup de temps en petit comité à discuter entre elles, au calme. Ce qui est excellent pour se ressourcer quand on a une personnalité introvertie.

Mais reprenons le récit.

Comment Sophie découvrit sa personnalité introvertie

C’est donc le cœur léger qu’elle a commencé son premier emploi, à vingt quatre ans. Curieuse comme tout d’apprendre, et toute ouverte à de nouvelles rencontres intéressantes.

Après quelques semaines, elle s’est vite rendu compte que tout ne se passait pas comme elle l’avait imaginé. Elle était assise dans un grand bureau. A côté d’elle, ses collègues parlaient beaucoup. Son chef l’interrompait souvent pour lui dire quelque chose. La pause café se passait également avec les collègues, ce qu’elle avait trouvé plutôt sympathique au début, mais rapidement un peu envahissant. En fait, elle était au contact des autres toute la journée. Ainsi, après quelques mois, elle était épuisée. Elle n’avait plus de force pour ses amis, et elle n’avait plus de force non plus pour sa passion, l’écriture. Elle a commencé à se renfermer de nouveau. Ses vieux démons la rattrapaient.

Et cela n’a pas raté, lors de la réunion d’évaluation de fin d’année avec son chef, le verdict est tombé : “vous faites de l’excellent travail, mais il faut absolument que vous vous mettiez plus en avant, votre personnalité introvertie ne doit pas être un frein à votre évolution de carrière”.

Vexée, elle a décidé de se prendre en mains.
Durant cinq ans, elle n’a cessé d’apprendre à se mettre plus en avant. Et cela lui a plutôt réussi. Elle était ambitieuse, et elle voulait absolument que sa discrétion ne l’handicape pas pour son évolution. Elle a donc pris des cours de présentation, elle préparait ses réunions longtemps à l’avance pour avoir quelque chose à dire, etc. Elle a même réussi à obtenir le poste qu’elle convoitait, de responsable de son département. Tout allait pour le mieux.

Seulement, elle s’est vite rendu compte que ses progrès ne suffisaient pas pour son nouveau poste de responsable. Là, elle était passée à un nouveau niveau : des réunions toute la journée, où il fallait être capable de donner son point de vue rapidement pour défendre les intérêts de son équipe. De plus, elle était dérangée à tout moment par des membres de son équipe qui avaient besoin de ses conseils, de sa décision pour ci ou ça, de les aider à résoudre un conflit interne, etc. Rapidement, elle fût de nouveau épuisée, et le verdict de fin d’année ne manqua pas : “vous faites de l’excellent travail, mais il faut absolument que vous vous mettiez plus en avant”. D’ailleurs, son chef ne manqua pas de lui dévoiler ce qu’avaient dit d’elles ses subordonnés : “c’est une excellente manager, nous l’aimons beaucoup, mais elle est beaucoup trop discrète, elle ne fait pas vraiment “chef”…”.

A la suite de cette discussion avec son chef, elle eut quelques semaines de grande tristesse, et de doute profond. Elle ne se sentait pas bien. Elle avait l’impression qu’elle n’y arriverait jamais. Non, jamais. Elle était totalement perdue. Avait-elle choisi le bon emploi ? Mais cela serait-il différent autre part ? Finalement, n’ont-ils pas tous raison, ne suis-je pas un peu étrange ? N’ai-je pas un véritable problème de timidité maladive ? 

Elle voyageait beaucoup professionnellement à cette époque. Ces voyages étaient à la fois difficiles pour elle, car ils étaient généralement accompagnés de longues réunions suivies de dîners avec les collègues. Mais ces voyages avaient aussi un grand avantage : le trajet solitaire. Seule dans l’avion, à rêver… seule à l’aéroport, à flâner dans la librairie… Elle arrivait volontairement en avance pour pouvoir passer assez de temps dans la librairie à feuilleter les romans et les revues, et s’en choisir un ou deux.

Une fois, en entrant dans cette librairie, toujours la même, elle est tombée née à née sur un livre qui était présenté dans les meilleures ventes de la rentrée. Le titre lui est sauté à la figure, elle s’est arrêtée net, paralysée, à la fois paniquée et tout excitée. Le titre était : “La force des discrets – le pouvoir des introvertis dans un monde trop bavard”, de Susan Cain.

Tant de choses l’intriguaient dans ce titre ! Déjà, “La force des discrets”. Ça, c’était pour elle. Ils vont enfin comprendre, tous autant qu’ils sont, qu’elle est peut-être discrète, mais qu’elle a une force en elle ! Mais une force ! Vous avez même pas idée !
Et puis ce “monde trop bavard”… mais oui ! C’est ça ! Et enfin, et surtout, ce mot “introverti”, qui résonnait en elle comme un mot magique, qu’elle ne comprenait pas bien, qu’elle avait déjà entendu sans y prendre garde, mais là, inscrit noir sur blanc sur la couverture d’un livre présenté dans les meilleures ventes, cela a eu l’effet d’un électrochoc.

« J’ai peut-être tout simplement une personnalité introvertie »

Ce jour-ci, elle ne flâna pas dans la librairie. Sans hésiter, elle emmena ce livre à la caisse, et lorsqu’elle revint chez elle, deux jours plus tard, après deux jours de réunions dans la journée et de nuits blanches dans sa chambre d’hôtel, elle referma la dernière page de ce livre.

Soulagée. Elle était véritablement soulagée. Un immense bol d’air frais venait d’entrer dans sa vie.

Tout s’éclairait sous un nouveau jour : elle était normale, elle était comme beaucoup d’autres, elle vivait dans une société qui n’aimait pas les discrets, elle devait donc accepter d’être comme elle était, affirmer sa différence, redécouvrir les forces qui lui étaient propres en tant qu’introvertie, et enfin vivre la vie qu’elle méritait de vivre : dans le calme et la sérénité.

 

Quelques jours passèrent. L’euphorie du début laissa petit à petit place à un certain doute, puis un grand vide. Maintenant, elle avait compris que durant trente années, elle s’était reprochée à tort d’être différente, et avait appris à jouer aux extraverties sans le savoir. Avec plus ou moins de succès suivant les périodes de sa vie. Mais jamais, JAMAIS, elle n’avait appris à se connaître comme elle est, et à développer avec bienveillance ses traits naturels d’introvertie.

Elle avait renié sa personnalité introvertie toute sa vie. Elle l’avait sous-estimée. Elle l’avait mise au placard.

Elle se rendait compte soudain qu’elle ne savait plus qui elle était.
Le fait de savoir qu’elle avait tout simplement une personnalité introvertie, qu’elle était donc normale… était fantastique !
Mais cela laissait un grand vide en elle, car tout ce qu’elle avait construit en trente ans s’effondrait d’un coup. Cela laissait place à un océan de possibilités, ce qui était extrêmement enthousiasmant, mais aussi paniquant. Car elle ne voyait pas bien quelles étaient ces possibilités. Elle voyait une nouvelle vie possible, bien plus heureuse, mais cette vie était floue. Il semblait y avoir tellement de choses à apprendre, à redécouvrir en elle ! Mais elle ne savait pas par où commencer.

 

Je me permets de nouveau une petite pause dans le récit, car il me semble important d’insister un peu sur ce point : ce que vit Sophie à ce moment du récit est un moment tout à fait classique dans le développement personnel, que beaucoup de gens vivent (je l’ai vécu moi-même). Lorsque l’on découvre que notre personnalité est différente de ce que l’on pensait, c’est un peu comme si tout un pan de notre vie s’effondrait. Ce sont des fondations qui s’effondrent. Bien-sûr, ces fondations étaient mauvaises, mais elles étaient tout de même là, et nous maintenaient dans un certain équilibre (certes instable… mais qui avait le mérite d’exister).
Lorsque l’on apprend que l’on a une personnalité introvertie, on est soulagé de savoir qu’on est normal, mais à ce moment nous voyons ces fondations instables s’effondrer. Il faut tout reconstruire. Et il est normal d’être un peu perdu au début.

Mais continuons le récit.

Comment Sophie apprit à donner le meilleur de soi en harmonie avec sa personnalité introvertie

Comme elle avait un poste de responsable d’équipe, elle savait qu’elle avait la possibilité, si elle le souhaitait, d’obtenir un coach. Dans l’état où elle se trouvait, totalement perdue, elle sentait un besoin immense d’être conseillée. Car elle sentait qu’elle n’y arriverait pas toute seule. Elle demanda et obtint donc de son entreprise quelques heures de coaching.

Lors de la première séance, Sophie dévoila tout à sa coach. Elle s’assura dès le début que sa coach était sensibilisée aux types de personnalités, et en particulier à la problématique de la personnalité introvertie “dans ce monde trop bavard”. Il s’avéra que sa coach connaissait très bien le sujet, et le contact passa tout de suite parfaitement entre elles.

Elle commencèrent d’abord par mettre à jour ce qui la tourmentait : quels étaient les problèmes qui la déprimaient, qu’elle souhaitait résoudre. Sa coach lui expliqua que c’était absolument indispensable, car cela leur permettrait de savoir exactement ce qui est très problématique, et ce qui l’est moins, pour pouvoir travailler plus efficacement par la suite. Elles identifièrent par exemple l’un de ses problèmes principaux : elle avait très peur de ce que les autres pensaient d’elle lorsqu’elle disait quelque chose, et surtout lorsqu’elle ne disait rien. De plus, elle avait une admiration sans borne pour ceux qui savaient parler avec aisance, et rêvait d’être comme eux.

Ensuite, elles réfléchirent ensemble à la personne qu’elle aimerait devenir. Quel était son but ? Souhaitait-elle véritablement devenir une personne à l’aise en toute circonstance avec les autres, sachant toujours que dire ? Ou souhaitait-elle devenir plutôt une personne qui parle peu mais que l’on respecte par son charisme et son assurance ? Que lui disait sa personnalité introvertie profonde ?

Elles prirent ensuite le temps de bien comprendre ce qu’était que l’introversion, et comment cela se manifestait chez elle. Elles mirent en évidence ses qualités et ses forces d’introvertie, et en firent la liste pour ne plus jamais les oublier.
Elles analysèrent également ce qui fait que ce monde, avec ses valeurs extraverties, est difficile pour elle. Surtout, elles démontrèrent ensemble à quel point tout cela est basé sur des croyances collectives, et qu’il ne revient qu’à elle de ne pas accepter ces croyances pour pouvoir enfin être elle-même, et suivre sa propre voie.

A ce stade de son programme de coaching, Sophie se sentait déjà beaucoup mieux. Elle commençait à entrevoir sur quelles bases solides elle pourrait construire sa nouvelle vie. Elle entrevoyait une vie d’introvertie sereine, bien avec elle-même, et à l’aise dans son contact avec les autres.

Elles purent alors passer à la phase suivante : créer ensemble son avenir. Créer ensemble sa nouvelle vie.

A quoi ressemblerait maintenant sa vie d’introvertie heureuse ?

Pouvait-elle être quelqu’un d’introverti et heureux ?

Comment s’organiserait-elle pratiquement, dans sa vie de tous les jours, pour mieux respecter ses besoins récurrents de solitude ? Comment gèrerait-elle son énergie au quotidien pour se sentir bien dans sa peau ? Elles passèrent beaucoup de temps à cela, car c’était la base de tout. Respecter son rythme d’introvertie était crucial pour maintenir son énergie à un niveau satisfaisant, et ainsi avoir l’énergie d’affronter cette vie dans ce monde d’extravertis.

Une fois qu’elles furent claires sur ce point, restait tout de même un point important. Malgré tout, elle continuerait à vivre dans un monde où l’on attendait d’elle qu’elle sache se vendre, qu’elle sache affirmer ses opinions en réunion, qu’elle sache participer à des soirées organisées par son entreprise sans rester seule assise dans un coin. Malgré tout elle aimait ses amies, elle aimait sortir avec elles et s’amuser, et souhaitait pouvoir être gaie avec elles.
Il fallait donc tout de même avoir quelques clés pour pouvoir évoluer dans ce monde extraverti, qu’elle aimait et auquel elle voulait participer.

Sa coach lui révéla plusieurs choses, qu’elle décida de garder secrètes pour elle, car ce seraient dans le futur ses bottes secrètes pour être mieux acceptée par les extravertis.
La plus grande révélation (et ce fut l’une de ses bottes secrètes les plus puissantes), fut que la manière dont on se comporte avec son corps compte beaucoup dans la perception qu’ont les autres de vous.

Elle se rendit compte, par exemple, que lorsqu’elle prenait une attitude sûre d’elle en réunion, attentive, et faisait de petits hochements de la tête pour indiquer clairement aux autres qu’elle suivait la conversation, alors on ne lui reprochait plus son silence. On l’avait même félicitée, une fois, pour sa participation active. Pourtant, elle n’avait pratiquement rien dit de la réunion. Ce fut une véritable révélation. Ce petit secret allait lui changer l’existence. Elle commençait à entrevoir une autre manière d’être charismatique, une manière que l’on n’enseigne pas habituellement dans les cours de leadership, mais qui n’en était pas moins puissante.

Ensuite, sa coach lui dit que si elle souhaitait s’accepter pleinement comme elle était, Sophie devait également accepter tout à fait et sans complexe la manière d’être des extravertis. Elle devait aimer leur manière d’être, sans pour autant essayer d’être comme eux. Elles passèrent alors un certain à travailler sur ce sujet, et cela l’aida beaucoup. Car elle comprit qu’elle pouvait être dans une attitude totalement différente avec les autres : une attitude de donnant-donnant, où chacun a ses spécificités, et où elle peut être fière d’apporter sa touche de différence, tout en aimant chez l’autre sa différence.

A la fin, sa coach la surprit un peu. Car malgré le fait qu’elle ait été payée par l’entreprise, elle aborda le sujet du choix de la carrière, et plus largement du choix de son style de vie. Elles réfléchirent alors ensemble à la vie qu’elle avait aujourd’hui : “était-ce une vie qui lui convenait ? cet emploi la satisfaisait-elle et était-il possible pour son caractère introverti de s’épanouir dans cet emploi ? Ou fallait-il trouver un métier pour introverti ?
Avait-elles les amitiés qui lui convenaient ? Pratiquait-elle les activités qu’elle aimait et qui la comblaient au plus profond d’elle-même ?

Cette séance ne lui changea pas la vie, d’ailleurs ce n’en était pas le but. Mais elle commença à lui donner quelques pistes sur ce que pourrait être sa vie idéale dans quelques années. Elle instillait en elle de nouvelles envies qu’elle n’avait jamais osé s’avouer, et qui ne demandaient qu’à germer pour devenir de vrais projets qui la combleraient.

La fin de leur relation approchait : la coach sentait qu’elle ne serait plus d’aucune utilité à Sophie. Elle lui avait donné toutes les clés, maintenant il revenait à Sophie de savoir les développer, et de se créer sa nouvelle vie heureuse d’introvertie.

Elle remercia abondamment sa coach, car elle sentait que des choses incroyables s’étaient passées. Sa vie n’avait pas changé, loin de là, mais des bases solides avaient été posées, qui remplaçaient les anciennes bases. Elle y voyait maintenant beaucoup plus clair, et se sentait assez forte pour continuer seule, et pour se bâtir une vie qui lui conviendrait mieux. Elles se quittèrent joyeusement, l’une heureuse d’avoir eu un impact si positif sur sa cliente, l’autre la remerciant chaudement pour tout ce qu’elle lui avait apporté.

Lorsqu’elle rentra chez elle, ce soir-là, elle avait l’impression de voler.

Elle se sentait sûre d’elle, un léger sourire au coin des lèvres. Plusieurs hommes la regardèrent discrètement, ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps… preuve que même sur ce plan-là les choses pouvaient s’améliorer, elle pouvait être une personne introvertie en amour également. Un nouvel avenir s’ouvrait à elle, il n’appartenait qu’à elle de le construire !

 

Voici donc le parcours typique d’une personnalité introvertie, qui ressemble bien-sûr au mien, et qui ressemble au parcours de tant d’autres !

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Et si vous souhaitez en savoir plus sur l’introversion, n’hésitez pas à consulter l’article introverti définition.