La peur de la foule : comment la vaincre

Peur de la fouleVous ne pensez pas avoir peur de la foule. Mais vous entrez dans la salle de conférence : des centaines de personnes sont déjà assises ou en train de prendre leur place. Vous n’allez pas parler devant toutes ces personnes, mais simplement vous assoir quelque part dans la rangée 149 à la place numéro 23. Personne ne vous remarque, et vous le savez. Pourtant, en entrant dans cette pièce, vous paniquez. Une angoisse profonde. L’impression que tous ces regards sont pointés vers vous.
Pourquoi ? Que se passe-t-il ? Comment y faire face ?

D’où vient cette peur de la foule ?

Une explication possible :
La peur de la foule est ancrée dans nos gène ancestraux. Notre cerveau contient une partie très ancienne : l’amygdale. Si vous vous retrouvez face à un chien enragé dans un parc, c’est cette partie du cerveau qui se chargera de décider en un quart de tour ce qu’il convient de faire : fuir ou attaquer.
Au cours de notre évolution, d’autres parties sont apparues dans notre cerveau. Notamment le cortex frontal qui contrôle ces émotions, grâce aux expériences que nous avons acquises. Ainsi, si vous vous retrouvez face à ce chien, mais vous rendez compte qu’il est enfermé dans une cage, après le millième de seconde de panique cette partie du cerveau vous dira de vous calmer, il n’y a rien à craindre.

Il faut s’imaginer qu’il y a des milliers d’années, chaque paire d’yeux qui nous regardait était un risque potentiel ! Soit un guerrier de la tribu voisine, soit un animal sauvage. Il semble que nous ayons gardé encore aujourd’hui cette peur du regard inconnu, cette peur de la foule. Alors imaginez de nouveau votre salle de conférence, avec des centaines d’yeux inconnus ! Lorsque vous entrez dans cette salle, bien que vous sachiez que vous n’avez rien à craindre (c’est votre cortex frontal qui parle), eh bien vous vous sentez menacé (c’est votre amygdale qui parle). D’où ce sentiment d’angoisse. Cet article explique bien cette peur ancestrale qu’est la peur de la foule.

En général, la raison reprend le dessus après quelques temps. Parfois rapidement, parfois après de longues heures, parfois pas du tout. Tout dépend du vécu de chacun, et de sa capacité à reprendre le dessus sur son amygdale.

 

Les introvertis ont-ils plus peur de la foule que les extravertis ?

Ce n’est pas direct, à priori. Mais il pourrait y avoir un lien : par exemple, le Dr. Elaine Aron a défini les personnes hypersensibles comme des personnes beaucoup plus sensibles aux stimulations extérieures. Ces personnes auraient une amygdale particulièrement sensible. Il pourraient donc être plus sensibles à ce type de « risques » comme celui d’avoir des centaines d’yeux braqués sur soi.

70% des personnes hypersensibles seraient introvertis.

Comment vaincre la peur de la foule ?

D’abord, vaincre la peur de la foule par l’habitude.

Plus vous vous exposerez à ce genre de situations, plus vous vous y habituerez. J’ai lu récemment un article très intéressant sur la plasticité cérébrale (vous trouverez le lien vers cet article à la fin de mon article). Cet article explique comment notre cerveau est constitué de réseaux de neurones dont les chemins changent en permanence, ils ne sont pas figés. En revanche, plus une expérience sera répétée, plus un chemin donné s’ancre dans notre cerveau, et plus il est difficile de le modifier par la suite. Cela explique pourquoi il est très difficile de changer des habitudes, mais cela permet également d’espérer changer certains de comportements en “forçant” notre cerveau à changer les chemins. Cela se fait en s’exposant à de nouvelles situations, et en les répétant.
Par exemple : la plupart des gens ont peur de faire des présentations en public, une peur de la foule d’yeux braqués sur eux bien compréhensible ! Cependant, beaucoup vous diront (introvertis comme extravertis), qu’ils ont fini par y prendre gout à force d’entrainement. Leur peur a d’ailleurs presque disparu.
Quoiqu’il en soit :
– d’après cet article on combat cette peur grâce à la plasticité cérébrale,
– d’après la théorie ci-dessus de l’amygdale, on combat cette peur de la foule en habituant le cortex frontal à dominer notre amygdale.
Les deux théories semblent bien se compléter.

Alors, me direz-vous : c’est bien beau d’essayer de vaincre la peur de la foule en essayant de s’y habituer, mais pour ne pas vivre un calvaire à chaque bain de foule, que pourrait-on conseiller ?

Voici donc une série de petits conseils pour vaincre cette peur de la foule :

  1. Arriver en avance pour s’habituer au lieu avant que la plupart des gens arrivent.
  2. S’échapper aux toilettes avant que la conférence ne commence. Vous reprendrez ainsi un peu d’énergie dans la solitude, et lorsque vous reviendrez dans la salle, ce sera dans une salle que vous connaissez déjà pour l’avoir vue quelques instants plus tôt. L’habitude s’installe.
  3. Avoir des objets rassurants avec soi (un livre que vous adorez, un habit dans lequel vous vous sentez bien).
  4. Boire quelques gorgées d’eau
  5. Se dire que l’on peut partir à tout moment, rien ne nous oblige à rester.
  6. Se concentrer sur son attitude : respirer tranquillement, se redresser, essayer de sourire
  7. Echanger quelques mots avec votre voisin : “c’est la première fois que vous venez écouter cet orateur ?”
  8. Observer la scène de haut, pour la voir objectivement, comme si vous étiez une caméra au-dessus de la salle : vous êtes là, au milieu d’une foule, personne ne vous remarque ; en fait personne n’a que faire de votre présence, vous pouvez être tranquille.
  9. Vous concentrer sur ce pour quoi vous êtes venu ! C’est à dire le contenu de la conférence. Cela vous fera oublier votre peur de la foule !

Crédits photo : AnthonyMck – Flickr

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