Je veux pas parler ! (pourquoi vous ne devriez pas vous forcer)

Vous dites-vous souvent « je veux pas parler » ? Vous sentez-vous souvent forcé d’intervenir, de parler, plus pour faire plaisir aux autres que parce que vous en avez vraiment envie ?

On vous reproche peut-être de se renfermer sur soi, alors que vous, au fond de vous, n’avez pas vraiment l’impression d’être particulièrement renfermé… c’est plutôt votre manière d’être normale : celle de parler peu, être plutôt dans l’écoute, dans l’observation, et de passer beaucoup de temps seul…

Je veux pas parler : un point c’est tout

Et c’est là que, perdu dans ces réflexions, tombe la phrase terrible : “Et toi, pourquoi tu ne dis rien ?”

Phrase terrible, qui donne souvent des cauchemars aux introvertis. Cette phrase, si anodine pour celui ou celle qui la prononce, qui généralement ne pense pas à mal… mais tellement angoissante pour nous autres, qui l’avons tant entendue au cours de notre vie.


Cette phrase existe sous des formes assez variées :

  • “tiens, et toi qui ne dis rien depuis le début, tu n’as rien à dire ?”
  • “et toi, qu’est-ce que tu racontes ?”
  • “bon mais je parle, je parle, et je ne te laisse pas parler… alors vas-y parle !”
  • “il y a une personne qui depuis tout à l’heure ne dit rien…”

Souvent, la phrase est suivie d’un grand silence où toutes les personnes du groupe vous regardent… en attendant que vous disiez quelque chose. Je sais pas vous, perso j’aime le silence, mais pas ce type de silence là !

Et là vous vous dites : il faut que je dise quelque chose, il faut que je dise quelque chose, quelque chose, allez ! Quelque chose à dire, vite !

Bien sûr, l’idée vous effleure de dire : “mais non tout va bien, mais je ne veux pas parler maintenant !”… mais vous n’osez pas.

 

Ça arrive en fin de soirée d’ailleurs, quand tous les autres sont de plus en plus joyeux, et que vous êtes de plus en plus aphone, vos batteries d’introverti ayant été totalement vidées par cette longue soirée, alors il y a toujours quelqu’un pour sortir cette phrase stupide.

Souvent elle sort à un moment où on ne l’attend pas.

Vous, vous êtes tranquille à boire votre verre, vous rêvez en laissant passer d’une oreille à l’autre le brouhaha qui vous entoure, vous êtes bien quoi !

Vous vous dites : « ce n’est pas que je n’aime pas parler… non… c’est juste que je suis bien, là, à profiter de l’instant présent et à écouter les autres ».

Et puis d’un coup, une attaque par derrière : “et toi alors, qu’est-ce que tu nous racontes ?”.

Et le pire, c’est quand en début de soirée vous avez dit que vous étiez introverti… c’était le moment où tout le monde était sobre et trouvait ça très intéressant.

Seulement, en fin de soirée, la situation a changé, le niveau intellectuel a baissé. Les blagues commencent à fuser : “ah oui l’introverti ne parle pas ! Ah tiens on l’a soûlé avec notre flot de paroles !”. Très drôle, très drôle.

Alors, la solution ?

  1. Première solution : partir avant qu’il ne soit trop tard 🙂 (la meilleure solution selon moi !)
  2. Deuxième solution : avoir des répliques toutes faites dans sa besace.
    Quelques suggestions :
    • La contre-attaque : “est-ce qu’il vaut mieux ne pas parler ou trop parler ?” ou “difficile d’en placer une au milieu de votre flot de paroles ininterrompues !”
    • La diplomatie : relever et accepter la remarque en disant “eh oui, l’introverti s’endort !”, immédiatement suivi d’une petite phrase légère permettant de rebondir sur autre chose… par exemple : “délicieux ce vin !”

Après, l’expérience montre que plus vous avez confiance en vous, dans votre manière d’être, et moins vous vous forcez à jouer un rôle… 

… plus on va vous accepter tel(le) que vous êtes et moins on va vous faire ce type de remarque. 

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Vous pouvez également aller plus loin sur ce sujet en lisant cet article qui parle de ces moments où vous avez juste envie de voir personne