Vous êtes introverti ? Pensez à l’auto-coaching !

… ou comment découvrir par soi-même sa personnalité introvertie
et apprendre à vivre heureux avec elle.

A la croisee des blogsCet article participe à l’édition de Septembre du festival « à la croisée des blogs » du site developpementpersonnel.org. Ce mois-ci, le festival est organisé par Loic Bonsens du blog Net Coacher sous le thème : “Atteindre ses objectifs par l’auto-coaching”.

C’est avec plaisir que je participe à ce festival, car ce thème s’inscrit parfaitement sur mon blog Un monde pour les introvertis.

Pourquoi ?
Pour vivre heureux lorsque l’on est introverti, pour atteindre les objectifs que l’on souhaite, pour avoir confiance en soi, il faut généralement changer un certain nombre de choses dans sa vie et travailler sur soi. Pour faire cela, on peut se faire aider (par un psychologue par exemple, ou d’un coach dans le cadre professionnel), ou on peut essayer de s’en sortir soi-même : en se documentant, en réfléchissant, en se donnant des objectifs personnels et en les accomplissant. C’est ce que l’on appelle ici l’auto-coaching.

Qu’est-ce que l’auto-coaching ?

Si, comme moi, vous n’êtes pas très familier avec le terme “auto-coaching”, voici quelques définitions pour le cerner.

Définition de “coaching” sur Wikipedia :
“Le coaching est un accompagnement professionnel personnalisé permettant d’obtenir des résultats concrets et mesurables dans la vie professionnelle et/ou personnelle. À travers le processus de coaching, la personne coachée approfondit ses connaissances et améliore ses performances.”

Définition de “coaching” sur Psychologies.com :
« A la différence d’une thérapie, le coaching ne répond pas à une souffrance psychologique mais au besoin de comprendre, d’appréhender une situation nouvelle et de rétablir un équilibre. Le coach, habile mélange entre entraineur et mentor, ne va donc pas s’intéresser à notre histoire passée mais nous aider à mieux analyser le présent afin de préparer le futur et mettre tous les atouts de notre côté »

L’auto-coaching ? Le coach, c’est vous !

D’après les définitions ci-dessus, il va donc falloir :

  • Définir la situation nouvelle qui demande de rétablir un équilibre : cette situation est que vous avez appris que vous êtes introverti
    Remarque : si vous n’êtes pas encore sûr si vous êtes introverti, lisez l’article “Etes-vous introverti ou extraverti ?
  • Comprendre en détail cette nouvelle situation et ce qu’elle engendre pour votre vie
  • Définir le nouvel équilibre que vous cherchez : c’est à vous de le définir précisément. Mais partons du principe que votre but général est d’apprendre à vivre heureux en respectant votre caractère introverti.
  • Définir les étapes pour y parvenir

Nous allons voir maintenant tout cela en détail dans les paragraphes suivants.

 

Pourquoi pratiquer l’auto-coaching, lorsque l’on est introverti ?

Lorsque l’on découvre que l’on est introverti, un nouveau monde s’ouvre à nous : “je ne suis pas timide”, “je suis normal”, “tout va bien”. Dans un premier temps, on éprouve beaucoup de joie et un immense soulagement.

Mais passé les premiers moments d’exaltation, il reste encore un long chemin à parcourir pour atteindre ses objectifs et se sentir pleinement heureux dans sa vie.

Cependant, vous ne pensez pas avoir besoin d’un psychologue : dans l’ensemble, vous vous sentez bien dans votre peau. Il y a des détails chez vous et dans votre vie qui vous agacent, mais de là à vouloir faire une analyse profonde de votre enfance… non.

En plus, en tant qu’introverti, vous avez probablement une grande capacité d’introspection : vous réfléchissez beaucoup sur vous-même, vous êtes capable d’avoir un regard critique sur vous même, et si on vous aide dans les pistes de réflexion, vous êtes tout à fait capable d’effectuer votre propre thérapie (bien sûr, cela n’ira pas aussi loin que si vous alliez voir un psychologue, mais cela peut suffire).

Besoin d’un coach ? Pas forcément non plus – si vous savez vous donner les outils, identifier vos objectifs et vous motiver par vous-même, alors vous pouvez vous en sortir tout seul. Votre capacité d’auto-analyse vous aidera grandement.

Bien sûr, si vous en sentez le besoin, l’aide d’un professionnel peut être très utile. Mais ce n’est pas l’objet de cet article : ici, nous allons voir comment s’accompagner soi-même.

 

Définir vos objectifs d’introverti

Il y a les grandes lignes : par exemple, “je souhaite m’accepter tel que je suis et vivre heureux avec ma personnalité d’introverti”.

Et puis les détails : vos objectifs professionnels, sentimentaux, amicaux, etc.

Quelques exemples :

  • devenir un conférencier hors paire : savoir parler une heure devant une vingtaine de personnes sans bredouiller et sans stresser pendant les dix jours qui précèdent la présentation
  • avoir une vie sociale riche : voir au moins une fois par semaine mes amis et profiter de leur compagnie sans avoir envie de m’échapper à tout moment dès le début de notre rencontre.
  • ne plus stresser en compagnie des autres
  • pouvoir participer à des réunions professionnelles en toute sérénité, sans donner l’impression d’être timide
  • ne plus appréhender les réunions de famille une semaine à l’avance
  • etc, etc.

Vous devez identifier les situations difficiles dans votre vie, que vous souhaiteriez vivement pouvoir changer. Ne mettez aucun obstacle à cette liste : ce n’est pas le moment. Pour le moment, voyez vous dans un monde idéal où vous pouvez tout changer dans votre vie d’un coup de baguette magique : à quoi cela ressemblerait-il, quelles seraient les choses qui seraient différentes ?

 

Puis, définir le chemin pour parvenir à vos objectifs d’introverti

D’abord, se documenter :

Bien comprendre ce qu’est l’introversion, revisiter toute sa propre personnalité sous ce nouvel angle, pour bien comprendre ce que l’introversion veut dire chez nous. On comprendra mieux ainsi certains comportements que nous avons, certaines peurs, certaines envies. Pour cela il faut lire le plus possible sur le sujet : vous pouvez lire de nombreux articles sur mon blog, ou la littérature que je recommande dans mon livre téléchargeable gratuitement sur mon site Un monde pour les introvertis.

Ensuite entamer une réflexion profonde sur sa propre personnalité :

  • A quel point suis-je introverti ? Un peu, beaucoup ?
  • Suis-je introverti dans toutes les circonstances ? constamment au cours des différentes étapes de ma vie ?
  • Suis-je également timide ?
  • Suis-je hypersensible ?
  • Ai-je un manque de confiance en moi ? Dans toute ma vie ou seulement dans certaines situations ?

Enfin, réécrire la vie que vous souhaitez, et agir !

  1. Respectez votre introversion en choyant les frontières que vous souhaitez garder
    Astuce : cela vous permettra de garder de l’énergie pour les frontières que vous souhaitez réellement repousser ! Parfois, il suffit de changer de toutes petites choses comme dans les exemples ci-dessous, pour retrouver rapidement un meilleur équilibre dans sa vie.
    Pour cela, listez toutes les choses qui vous permettraient de choyer vos frontières. Quelques exemples

    • Une heure de solitude par jour
    • Un séjour de deux jours par mois à la montagne tout seul
    • une pièce rien qu’à moi chez moi, où je peux fermer la porte
    • au travail : une journée par semaine sans réunions
  2. Respectez l’introverti qui est en vous jusque dans vos attitudes
    Astuce : à chaque fois que vous ressentez un stress du fait que vous ne vous sentez pas à votre place, réfléchissez si vous n’essayez pas encore de jouer à l’extraverti, au lieu d’être vous-même.
    Le mot d’ordre : déculpabilisez !
    Par exemple :

    • on ne stresse plus si on n’a rien à dire dans une soirée avec des amis : se taire n’a rien de mal
    • on n’a vu personne depuis cinq jours : aucun mal à cela, tant que cela nous va
  3. Repoussez les frontières que vous souhaitez changer.
    Pour cela, préparez bien ces moments, surtout lorsque c’est la première fois que vous les repoussez. Avec le temps, les frontières s’installeront plus loin, et vous n’y penserez plus : vous vous serez habitué à la nouvelle situation. Mais lorsque vous la repoussez pour la première fois, ne négligez surtout pas la préparation et les étapes suivantes :

    • on définit à l’avance exactement ce que l’on veut faire ou dire, idéalement on l’écrit et on emmène ces notes durant l’évènement au cas où un rappel serait nécessaire
    • on recharge ses batteries d’introverti avant l’évènement : solitude, réflexion, ou tout autre type que vous aimez 
    • on participe à l’évènement en donnant toute son énergie et en se disant qu’après l’évènement, vous pourrez de nouveau revenir dans vos frontières chéries
    • après l’évènement : on revient dans nos frontière chéries et on se félicite d’avoir réussi à sortir de nos propres frontières.
      ATTENTION : les introvertis ont souvent une forte tendance au regret – “ah j’aurais pu faire mieux !” – arrêtez tout net cette petite voix qui vous torture, et félicitez vous d’avoir au moins réussi à repousser la frontière ! Ce n’était pas parfait ? Mais qui peut se vanter d’être parfait du premier coup ? La prochaine fois, vous ferez mieux.

Pour terminer, un exemple pour vous inspirer :

Votre but est d’être plus à l’aise dans les réunions d’équipe au travail. Vous participez justement à une réunion importante dans deux jours.

      1. Préparez la réunion :
        • quel est l’agenda ? Qu’attend-on de moi ? Est-ce nécessaire que je parle ? Que se passera-t-il si je ne dis rien ?
        • quel est mon propre objectif : par exemple, avoir l’air sûr de moi, et apporter au moins un avis constructif à la discussion
        • comment j’atteins cet objectif ? par exemple, en préparant sur une feuille de papier une ébauche d’avis qui pourrait être le mien, et pour être sûr de moi, je dis quelque chose à mon voisin en entrant dans la pièce, je prépare ma phrase de présentation de mon parcours et la répète plusieurs fois par cœur avant la réunion, je travaille mon langage corporel (j’écoute activement ce que disent les autres, je me tiens droit sur mon fauteuil, je prends des notes, etc…)
      2. Avant la réunion, je me repose. Par exemple
        • la veille : je profite d’un moment de solitude
        • les heures précédant la réunion, je prévois un vide dans mon calendrier me permettant de travailler seul et éventuellement de revoir un peu mes notes pour la réunion
      3. Pendant la réunion :
        • je suis pleinement dans la réunion, je vide mon esprit de toute autre pensée négative
        • quand des voix négatives essayent de venir déranger mon esprit serein, je les refoule en leur assurant qu’elles pourront revenir après la réunion
        • je respecte mon caractère introverti : je suis calme, réfléchi, et j’ai le droit d’être plutôt silencieux et observateur la plus grande partie de la réunion.
      4. Après la réunion :
        Retrouvez un moment de calme dans vos propres frontières, et félicitez vous d’abord des choses nouvelles que vous avez réalisées.
        Plus tard, vous pourrez analyser ce que vous devrez mieux faire la prochaine fois.

Voilà, merci d’avoir lu cet article en entier ! Si vous l’avez aimé, n’hésitez pas à le partager avec vos amis ou vos collègues : ainsi vous aiderez d’autres personnes introverties à aborder leur introversion avec sérénité.