Faut-il répondre au téléphone ?

Il est dix heures du matin, vous êtes devant votre ordinateur. Vous commencez tout juste à vous sentir bien et prêt à travailler d’arrache pied aux tâches que vous vous êtes fixées pour aujourd’hui. L’épreuve de l’arrivée dans le bureau avec tous les contacts humains qu’il engendre est derrière vous, et cela vous soulage. Maintenant, vous pouvez vous concentrer.
C’est à ce moment que sonne le téléphone. Numéro inconnu. Alors, une profusion d’émotions vous envahit.

L’aversion pour le téléphone : une réaction classique des introvertis :

La sonnerie continue, à intervalles réguliers. Vous observez le téléphone, et passez par différentes phases en quelques instants :

  • L’énervement :
    Aucune envie de répondre à cet appel. Qui peut bien vous déranger à cette heure-ci ? Que pourra bien vouloir cette personne ? Et si je ne savais pas quoi répondre ? De quoi vais-je avoir l’air si c’est une question trop difficile ?
  • La raison :
    “Ah oui, il est dix heures du matin, c’est une heure normale pour m’appeler. Je devrais répondre”.
  • La décision à prendre :
    “Dois-je décrocher ?”.

J’ai toujours eu une aversion pour le téléphone. Cela ne tombe jamais au bon moment : je suis en train de faire quelque chose d’autre et n’ai pas envie d’être interrompu ; je suis avec un ami et n’ai aucune envie d’arrêter la conversation ; ou je suis tout simplement seul, profitant enfin d’un moment de calme, et n’ai justement pas envie de gâcher ce moment.

Cette angoisse, lorsque le téléphone sonne, suivie de la question de savoir si je vais répondre ou non. Sophia Dembling en parle dans son livre “La revanche des Discrets” : “Ne nous appelez pas, c’est nous qui appellerons… Quoique, peut-être pas”. Ce chapitre a fait couler beaucoup d’ancre, et aidé beaucoup d’introvertis.
Aujourd’hui, j’ai toujours une forte aversion pour le téléphone, mais au moins je sais pourquoi et j’essaie de mettre en place des stratégies pour que sa présence ne soit plus un problème insurmontable !

L’horreur de répondre au téléphone : pourquoi ?

Sophia Dembling décrit ce problème comme un cas classique chez les introvertis. Les explications données :

  • Nous cherchons souvent nos mots :
    Nous avons besoin de temps pour réfléchir à ce que nous allons dire : cela passe inaperçu dans une conversation en face à face, mais est plus gênant au téléphone
  • Aucun moyen de voir la réaction de l’autre :
    On ne sait pas ce qu’il pense de ce que l’on a dit. Hors, les introvertis ont plus tendance que d’autres à se demander si ce qu’ils ont dit n’a pas ennuyé l’autre. Avec le téléphone, toutes les questions sont permises puisque l’on n’a aucun moyen de voir la réaction de l’autre.
  • Quand il sonne, le téléphone nous dit : il faut que tu sois disponible maintenant, tout de suite”.
    Cela provoque un excès de dopamine dont raffolent les extravertis mais qui submerge les introvertis.
  • Au téléphone, il faut parler.
    On ne peut rester silencieux comme il l’est souvent possible dans une rencontre en face à face.

Mais finalement, qu’importent les raisons, que faire quand le téléphone sonne ?

Il n’y a pas de solution miracle ! Si l’on ne répond jamais, le risque est de froisser notre interlocuteur, et si on répond toujours, le risque est de se laisser inutilement torturer à répétition par cet instrument de malheur. Comme toujours, il faut donc trouver un bon équilibre.

  • Rappeler plus tard :
    Vous rappellerez quand vous serez prêt. Au moment que vous aurez choisi, vous ! Un inconvénient de cette méthode (que je rencontre moi-même) est qu’il est difficile de trouver le bon moment pour rappeler.
  • L’email et le texto :
    Un bon moyen de remplacer la parole par l’écrit. A utiliser le plus possible lorsque cela s’y prête.
  • Programmer les appels à l’avance :
    Ce n’est pas toujours possible, mais ça l’est très souvent ! En particulier avec les amis, il est tout à fait faisable de convenir par texto d’une heure où nous nous appellerons le soir, par exemple. Cela nous permet de nous préparer mentalement à l’entretien, et d’être dans de meilleures dispositions.
  • Utiliser les écouteurs, pour avoir les mains libres :
    On peut faire quelque chose d’autre en même temps (une tâche manuelle qui ne demande pas de réfléchir), cela donne l’impression que l’on n’est pas bloqué par ce coup de fil.
  • Savoir raccrocher lorsque cela suffit.
  • Savoir éteindre son téléphone !
    Prévoir des plages dans la journée ou le téléphone est éteint, puis des moments où vous êtes disponibles pour répondre au téléphone.

Et vous, qu’en pensez-vous : faut-il répondre au téléphone ?

Crédits photo : © Furryscaly – Flickr