La difficulté de donner son avis dans des groupes ou réunions

Donner son avis dans une réunion. Ou dans un groupe.
Que ressentez-vous quand vous vous imaginez en train de donner votre avis ?
Du stress ?
La panique de ne pas savoir quoi dire ?

C’est généralement un des sujets les plus sensibles chez nombre d’introvertis.

En tout cas, presque à chaque fois que j’échange avec un lecteur ou client, ce sujet vient sur la table.
Ce moment où je vais devoir donner mon avis…
Pourtant, si vous aviez le temps de réfléchir tranquillement à votre avis au calme chez vous, vous arriveriez à le formuler.
Mais là, en situation, c’est compliqué.
Et c’est assez logique.

Quand on est introverti, on a besoin d’un peu de temps pour formuler nos réponses et les dire.

Répondre du tac au tac ne nous est pas naturel.
Alors quand on a eu un tas d’expériences un peu traumatisantes, où on n’a pas su répondre rapidement et où on a ressenti de la honte à cause de ça…
… on se met à stresser à l’avance de ce genre situation.
Et le stress entraîne le blocage, la peur de ne pas savoir faire, et du coup on est encore plus bloqué.
Le truc, c’est que ça peut être particulièrement handicapant.
Par exemple, en réunions professionnelles.
Le tour de table à la fin : souvent la bête noire de nombre d’entre nous.
On est capable d’avoir peur pendant des jours avant la réunion, de ce moment où on va devoir parler.
Et on a beau rationaliser,
Se dire que ce n’est pas grave, qu’il faut juste se présenter rapidement… on flippe quand même.
Et ça, ça touche tout le monde.
Souvent, des gens qui ont de l’expérience dans leur poste, qui peuvent avoir 50 ans et de la bouteille… ressentent encore ça.
Ça n’épargne personne.
Même s’ils ont appris à donner le change, à dire quelque chose, ils ressentent encore ce stress.
Alors comment s’en sortir ?
Comment enfin être plus serein dans ce genre de situations ?
Il n’y a pas de recette miracle, mais il y a des choses qui peuvent petit à petit vous débloquer.
Il y a quelques années, j’ai eu un poste où je devais animer de grosses négociations.
Beaucoup de personnes autour de la table, et j’avais la responsabilité de négocier le contrat final entre mon entreprise et le fournisseur.
Panique totale.

La première année dans ce poste a été un calvaire. Pas besoin de vous faire un dessein.
Mais petit à petit, j’ai commencé à comprendre des choses.
J’ai compris que la pression que je me mettais pour donner mon avis, être bon, être force de proposition…
… ne servait à rien.
Pire, elle me stressait inutilement et me bloquait pour faire ce que je devais vraiment faire.
J’ai compris que ce que je devais vraiment faire, c’est m’en tenir aux faits. Comprendre.
Comprendre ce que les autres disent. Le noter. Réfléchir. Faire parler les autres. Le plus possible.
Mon avis attendrait. Mon avis, tout le monde s’en fout. L’important c’est que la discussion avance.
Challenger les autres. Les pousser dans leurs retranchements pour qu’ils détaillent le plus possible leur positions.
Et ça, c’est beaucoup moins dur à faire : il suffit de poser des questions, relancer l’autre, reformuler ce qu’il vient de dire pour l’inciter à continuer…
Par exemple :
« Tiens c’est intéressant ce que tu viens de dire… donc tu veux dire que X et Y, et donc si je comprends bien ton avis est que Z ?
Mmmh intéressant, alors on pourrait aussi voir la chose différemment, et dire en fait que … blablabla. Qu’en penses-tu ? »
Vous dire que mon stress a complètement disparu grâce à ces techniques… ce serait vous mentir.
Mais c’était plus acceptable. Et j’avais une meilleure maîtrise de la situation.
Juste pour l’exemple.
L’idée est de ne pas y aller de front.
Donner son avis direct, c’est stressant. Alors quand on rajoute ce stress au stress de prendre la parole, n’en parlons pas.
Reformuler ce que l’autre a dit nous permet de prendre la parole sans risque, de manière douce (c’est plutôt facile de juste reformuler),
Et ça nous laisse le temps de :
  • Poser notre voix et s’habituer au fait qu’on est en train de parler
  • Formuler notre avis, notre pensée dans notre tête
  • Formuler petit à petit les mots que l’on va dire au final
Gagner du temps. Inciter l’autre à parler, l’écouter…
Pour se laisser le temps de penser.
Un des fondamentaux quand on est introverti.
Et pas seulement pour les réunions professionnelles… c’est vrai pour toutes les situations sociales un peu difficiles, en groupe ou face à des gens qui nous impressionnent un peu.
Et le plus fort quand on fait ça, c’est qu’on donne l’impression d’être présent, impliqué, et les autres n’ont pas l’impression qu’on ne participe pas.
Très puissant.
Et en plus, on atteint notre véritable objectif, qui est de participer et faire avancer la discussion à notre manière.
Bref, ce sujet des négociations et de la prise de parole en groupe mériterait un livre à lui tout seul.
Tellement de choses à dire.
Et j’en reparlerai probablement d’ailleurs ^^
En attendant, si vous souhaitez être plus à l’aise en réunions, en négociations, savoir mieux vous imposer dans votre entreprise, ou imposer votre avis de manière générale, n’hésitez pas à me contacter en cliquant sur ce lien.