Comment tenir une conversation : spontanément et sans stress

Comment tenir une conversation ?

Surtout quand on a une peur bleue de s’exprimer devant un groupe… ou que les mots vous manquent dès que vous êtes face à une personne inconnue ou une personne qui en impose.

Comment commencer une conversation, puis l’entretenir, avoir des choses à dire…

Dans cet article, voyons comment ne plus rester silencieux dans les discussions, sans pour autant vous forcer à jouer un rôle qui ne vous est pas naturel.

Comment tenir une conversation dans ces situations difficiles :

Voici quelques exemples de discussions qui vous parleront peut-être ?

Vous arrivez le matin au bureau, vos collègues racontent immédiatement tous les malheurs qui leur sont arrivés au cours des 13h passées. Vous faites semblant de vous y intéresser, mais votre esprit ne pense qu’à une chose : “que vais-je pouvoir dire, moi, dès qu’elle aura fini, elle ?”. Vous ruminez du coup. Et écoutez d’une oreille distraite. Un grand stress s’empare de vous petit à petit.

Puis la question fatale arrive : “et toi, ça va ?”.

Votre réponse fuse immédiatement : “oui oui, ça va !”.

Votre esprit cherche désespérément quelque chose d’autre à dire. Panique à bord. Ça ne vient pas.

L’autre vous regarde, attend un moment, puis voit un autre collègue à côté et dit “ah, salut toi, comment va ?”.

Ça y est, elle est partie. Elle a passé son chemin. Vous vous retrouvez seul. Tout va bien. Rien ne s’est passé de dramatique. Le stress est reparti. Soulagement. Pourtant un sentiment d’insatisfaction subsiste. Vous vous sentez mal. L’impression d’être fade. Inintéressant. L’impression que les autres pensent que vous n’avez rien à dire. L’impression d’être jugé, sans cesse, pour votre silence.

Et l’envie profonde, qui vous prend au plus profond de vos tripes, d’être normal, et de savoir comment tenir une conversation comme tout le monde.

Et puis après coup, vous vous rendez compte que vous auriez pu dire plein de choses. Que vous avez vu un super film hier soir par exemple. Et que c’était terrible ce matin les grèves des transports. Et que la pluie de l’automne c’est quand même vraiment pas agréable.

Mais au final, est-ce que vous auriez vraiment aimé dire tout ça ? Parce que tous ces sujets ne vous intéressent pas du tout… comment auriez-vous pu les dire avec conviction ? Non, c’est peut-être mieux comme ça. Mais comment faire alors pour avoir des rapports normaux avec les gens qui vous entourent ? Avoir des conversations normales au quotidien ?

Etes-vous condamné à n’avoir que 3 amis avec lesquels vous parlez de sujets profonds une fois par mois ?

Vous aimeriez, vous aussi, pouvoir faire partie de ces relations “légères” du quotidien qui vous entourent… mais c’est tellement difficile !

Vous vous sentez tellement en décalage ! L’impression d’être un OVNI atterri directement sur une planète d’être étranges qui ne pensent qu’à parler d’eux-même… comment s’intégrer dans ce monde ?

Vous avez probablement essayé, comme moi, de préparer vos conversations à l’avance.

Vous avez peut-être essayé d’être le plus en forme et le plus gai possible (en prenant du café, ou simplement en vous motivant…), mais rien n’y fait, le stress revient toujours.

Vous sentez que ces méthodes aident un peu, mais qu’elle ne résolvent pas le fond du problème.

J’ai pris la situation de l’arrivée au bureau le matin. Mais ça pourrait être n’importe quelle situation.

La réunion professionnelle : et le fameux tour de table des présentations au début.
Votre tour se rapproche inexorablement. La panique monte. Vous ne savez toujours pas ce que vous allez dire sur nous. Vous voudriez absolument prévoir votre petit discours. Vous réfléchissez, réfléchissez encore et encore, en vain.
C’est surprenant à quel point notre esprit s’embourbe dans la boue dans ce type de situations : impossible d’y voir clair, d’avoir des pensées qui tiennent debout.

Puis votre tour arrive. La panique est à son paroxysme. Vous vous en voulez. Vous vous dites “quand même, à mon âge, me mettre dans des états pareils pour une simple petite présentation de moi-même, alors que “Moi”, c’est quand même un sujet que je connais bien, non ?”

Mais rien n’y fait. Vous sentez une énorme boule dans votre ventre qui vous pèse, une rougeur pourpre envahit votre visage, vous transpirez, et pire que tout : la voix se met à trembler, ou à être toute faible.

Alors vous improvisez. Quelques mots. « Je m’appelle Julien, j’ai 34 ans. J’ai deux enfants, et je suis dans cette entreprise depuis 6 ans… »

Et là, vous ne savez plus quoi dire d’autre.

Votre voisin de gauche vient de tenir au moins 3 minutes : vous avez fait moins de 15 secondes.

Un blanc passe, et on dit “voilà”.

Un silence de mort s’installe durant quelques secondes au cours desquelles tous les regards sont rivés sur vous, et attendent la suite.

Par bonheur, notre voisin de droite prend le relais.

Soulagement.

Mais viennent ensuite les pensées : de tout ce que vous auriez dû dire, de ce que les autres peuvent bien penser de vous, que vous avez eu l’air ridicule, qu’avec de telles “performances” vous n’allez jamais pouvoir évoluer dans la boite, etc, etc, etc….

Pourtant, vous savez que vous avez des choses à dire.

Vous savez que vous êtes plutôt apprécié dans l’entreprise et que l’on vous fait confiance.

Mais il y a ces situations qui gâchent tout.

Et ne parlons pas des simples réunions avec des amis, ou vous venez parce qu’il y a deux amis que vous aimez bien, mais il y a dix autres personnes que vous ne connaissez pas, dont trois grands extravertis qui accaparent l’attention de tous… et vous vous sentez incapable de tenir la moindre conversation.

Ne parlons pas de ce mauvais moment à passer chez le coiffeur, qui voudrait que vous entreteniez une conversation dont vous savez pertinemment qu’il se fiche totalement.

Ne parlons pas de cette “connaissance” que vous rencontrez par hasard dans la rue, et qui voudrait que vous lui disiez en 5 minutes un résumé de toute votre vie, après avoir fait elle-même un état des lieu abrutissant pendant un quart d’heure.

J’arrête la liste.

Vous vous serez sûrement reconnu dans au moins une de ces situations. Peut-être dans plusieurs. Ou vous aurez d’autres situations en tête, similaires à celles-ci.

Si vous me suivez depuis un moment, vous savez sans doute pourquoi il est difficile, pour nous autres introvertis, de trouver nos mots dans les conversations et les situations de groupes et de bruit.

Le circuit de la pensée est différent chez les introvertis et chez les extravertis.

Quand une personne introvertie entend une information, celle-ci passe par toutes sortes de zones de notre cerveau, pour bien analyser cette information sous toutes ces coutures, en relation avec tout ce que nous avons appris et vécu par le passé. Une fois ce long circuit parcouru, une réponse se forme, bien construite. Elle n’est prête à être exprimée à l’oral qu’une fois que l’on est sûr de ce que nous allons dire.

Chez les personnes extraverties, le circuit est plus court, et va bien plus rapidement à la réponse orale.

C’est un peu schématique, mais c’est à peu près ce qui se passe (source : « Introverti et Heureux », Marti Olsen Laney, pages 77 – 81).

Résultat numéro 1 : dans une conversation, les extravertis ont toujours un train d’avance sur nous.

Résultat numéro 2 : habitués depuis notre tendre enfance à ne pas suivre le rythme, nous autres introvertis avons construit une peur bleue de ces situations.

Le problème, c’est que cette panique n’aide en rien à améliorer votre facilité à converser, à trouver vos mots.

Au contraire. Cette panique vous bloque, et empêche votre cerveau d’agir normalement.

Comment faire, alors, pour reprendre le dessus ? Comment faire pour suivre le rythme, avoir des choses à dire, et les dire avec aisance, sans stress, simplement normalement, comme les autres ?

Comment tenir une conversation, et que ce soit naturel ?

En fait c’est assez simple. Et vous n’avez pas à jouer un rôle d’extraverti pour y arriver.

Cela paraît hors de portée pendant des années, et puis un jour, on comprend un truc, qui fait déclic, et tout d’un coup cela paraît très simple.

Ensuite, il y a des techniques à apprendre, pour devenir totalement à l’aise.

J’aimerais en partager une avec vous ici.

Une technique pour être à l’aise dans les conversations

Je viens de vous expliquer que nous avons besoin de plus de temps que les extravertis pour formuler nos pensées. Cette information ne vous a peut-être pas ravi, car cela semble dire que ce problème est irrémédiable. Pourtant, c’est une bonne nouvelle.

En fait il y a deux bonnes nouvelles.

La bonne nouvelle numéro 1, c’est qu’il suffit d’imposer aux autres de ralentir le rythme, pour que vous ayez le temps de répondre.

La bonne nouvelle numéro 2, c’est que vous avez le droit de ne pas répondre du tac au tac. Vous avez même le droit de ne pas parler du tout. Vous pouvez simplement écouter.

Ok, vous ne voyez peut-être pas encore en quoi c’est une bonne nouvelle.

Mais pensez-y, lors de vos prochaines discussions. Ne vous forcez pas à suivre le rythme.

Ne vous forcez pas à répondre. Prenez votre temps.

Pour prendre votre temps, vous pouvez simplement reformuler ce que l’autre dit : “ah oui, tu penses vraiment que…”. Vous pouvez lui poser des questions, sur lui, sur ce qu’il pense. Généralement, l’interlocuteur est trop content que vous vous intéressiez à ce qu’il dit pour vous embêter avec des questions sur vous.

Ce qui est très étonnant, c’est que si vous parlez très peu, mais vous intéressez sincèrement à l’autre, en l’écoutant, vous donnez l’impression d’être très actif dans la conversation. Observez les gens autour de vous : beaucoup parlent très peu. Pourtant, vous n’avez pas l’impression qu’ils ne participent pas.

C’est parce qu’ils donnent l’impression, par leur attitude, leur regard, qu’ils sont pleinement présents dans la situation.

C’est le genre de techniques que je partage dans ma newsletter quotidienne. N’hésitez pas à nous rejoindre ! (plus d’infos dans l’encadré ci-dessous).

Et puis vous trouverez aussi ici un truc tout bête pour trouver un sujet de discussion.