Comment passer une bonne soirée : 10 stratégies

L’une des grandes difficultés lorsque l’on est introverti est de trouver le bon équilibre entre stimulation sociale et solitude.

Trop de stimulation sociale : on fatigue. Pas assez : on perd ses amis et on déprime.
Il faut donc parfois se forcer un peu, et sortir de chez soi. Mais pour que cette sortie soit un plaisir, il faut mettre en place quelques stratégies de survie.

J’ai vécu récemment une expérience qui vaut la peine d’être rapportée, puisqu’elle illustre à merveille le thème de cet article. J’ai dû participer à un séjour de trois jours avec un groupe d’une centaine de personnes.
C’est un peu extrême me direz-vous pour un introverti. Oui, c’est vrai. Mais justement, cela m’a forcé à réfléchir à l’avance à mes stratégies de survie. Il était indispensable que je passe trois jours agréables.
Ces stratégies sont applicables à n’importe quelle fête, soirée cocktail, ou autre évènement du genre.

Trois jours de fêtes et de soirées

Il s’agissait des retrouvailles avec les anciens de mon école, dix ans après. J’étais à la fois heureux d’y aller, et paniqué.
Heureux, car cela faisait des années que je n’avais pas revu la plupart d’entre eux. J’avais complètement perdu contact avec certains, que j’avais sincèrement envie de revoir. Ce séjour serait donc une merveilleuse occasion de reprendre contact.
Mais paniqué, bien-sûr. Je ne vous fais pas un dessin : trois jours, en permanence avec un groupe. Où serait mon espace pour me ressourcer dans la solitude ? Serai-je capable de soutenir des conversations presque sans arrêt ? Comment survivre aux déjeuners et diners où je serai en compagnie d’une centaine d’autres personnes à la fois, dont une quinzaine à ma table ? Ne serai-je pas maladivement silencieux ?

Les stratégies mises en place pour passer un bon moment

  1. Pourquoi suis-je venu ?

    Il est important de définir pourquoi l’on va à cet évènement. Car c’est la base pour ne pas se laisser entrainer vers des choses que nous ne voulions pas. Ce n’est pas pour faire bonne figure, et pas non plus pour que les cent personnes présentes se souviennent de moi !
    Non, dans mon cas c’était pour revoir mes amis, et renouer contact avec eux. En bonus, faire un peu la fête, mais seulement si j’y ai le cœur.

  2. Préparer de petites phrases rassurantes à se remémorer tout au long du séjour

    – Je ne suis pas obligé de rester avec le groupe – rien ne m’empêche de m’échapper
    – Je ne suis pas obligé de parler
    – Si le séjour est une catastrophe, ce n’est pas un drame.

  3. Viser les petits groupes ou les personnes isolées, idéalement les personnes que j’ai sincèrement envie de revoir :

    Pourquoi ?
    – Le bruit, les cris et les discussions croisées m’épuisent
    – Je n’ai pas de répartie, et suis rapidement perdu dans les discussions souvent futiles des groupes (vannes, blagues, etc)
    – C’est avant tout ce pour quoi je suis venu : revoir mes amis proches, en savoir plus sur eux

  4. Choisir les moments où je m’insère dans les grands groupes, et les limiter au maximum

    Il y a des moments où vous n’avez pas le choix. Vous arrivez dans une soirée, c’est l’heure de l’apéritif, et tout le monde est là autour de la table à discuter. Il vous faut alors prendre votre courage à deux mains, vous assoir, et faire comme si tout allait bien.
    L’idéal est d’engager rapidement quelques mots avec son voisin, pour se créer un sentiment d’appartenance au groupe. Pas besoin que ces mots soient très intelligents.

  5. Lorsque l’on arrive dans un endroit où il y a un groupe : se calmer

    Il n’y a rien de pire que d’arriver dans un groupe où les conversations sont déjà entamées. Les autres ne font généralement aucun effort pour vous intégrer.
    Respirer à fond, se dire que ce n’est pas grave, pas besoin de parler tout de site, tiens-toi droit, souris, sois détendu, pas de stress.

  6. Pendant la fête : s’autoriser des moments de repos

    La fête bat son plein, vous discutez agréablement avec quelques personnes. Soudain, la fatigue arrive. Vous n’avez plus envie de dire un mot. Il est temps de se retirer quelques instants.
    Les bons moyens de se retirer : le tour aux toilettes, ou la petite ballade dans la nature autour. Le balcon s’il n’y a rien d’autre.

  7. Dès que l’on sature, se retirer définitivement

    Il vient un moment où vous avez tout essayé : les toilettes, les petites ballades, discuter avec un ami proche, etc… rien à faire, il n’y a plus d’énergie dans les batteries. Il est temps de se retirer définitivement.

  8. Pendant la journée, emmagasiner de l’énergie solitaire

    Le danger d’un séjour comme celui-ci est d’être en permanence en groupe. Le résultat pourrait être alors catastrophique, car l’on devient présent sans être présent ! Présent physiquement en permanence, mais absent car vidé d’énergie pour lier contact. J’ai donc choisi d’être très peu présent pendant la journée : partir avec ma femme ou un ami choisi faire une ballade.

  9. Attention à ne pas entrer dans les discussions philosophiques au premier abord !

    Voilà une tendance fréquente chez les introvertis : cette envie de plonger immédiatement dans les discussions profondes. J’ai beau le savoir, me rappeler souvent que les autres ne sont pas forcément comme moi et préfèrent souvent une discussion légère parlant de tout et de rien, cela revient malgré moi. Après coup, on s’en veut d’avoir parlé trop facilement de soi-même, ou d’avoir embêté l’autre avec ses sujets sérieux.

  10. Lorsque l’on ne sait plus quoi dire : écouter et poser des question

 

Les résultats

La panique juste avant l’arrivée au lieu de séjour.

J’avais pensé à toutes les stratégies du séjour, mais pas à ce moment-là. Le moment où vous arrivez sur le lieu, vous n’avez encore rencontré personne, mais vous savez que vous allez les rencontrer dans quelques instants.
Eh bien cela n’a pas raté : pendant les quinze minutes qui ont précédé mon arrivée, la panique ! Une sorte de malaise, l’envie de fuir, l’envie de tout abandonner et de rentrer chez moi. Les questions fusent comme “pourquoi je suis venu ici ?”, “je n’aurais jamais dû organiser ce séjour”, “je serais tellement bien chez moi”…
C’était insensé ! J’allais revoir de bons amis, et voilà ma réaction ?

Tout s’est calmé lorsque je suis arrivé dans le groupe et ai retrouvé quelques amis avec qui j’ai entamé la discussion. La masse diffuse du groupe s’est transformée pour moi en de nombreux petits groupes de personnes amicales, qui ne me voulaient aucun mal.

Je pense que cette panique sera toujours là. Il faut apprendre à vivre avec elle, à la calmer petit à petit.
Vous retrouverez quelques conseils pour calmer cette panique dans l’article précédant : La peur de la foule : comment la vaincre.

Finalement, pas assez de contacts avec les autres pendant le séjour !

A force de rechercher la solitude, de faire attention à ne pas trop en faire, je n’ai finalement pas assez participé ! Je suis reparti bien dans ma peau, avec l’impression d’avoir bien respecté mes besoins d’introverti. Mais avec un petit gout amer de n’avoir pas assez participé aux activités, de ne pas m’être assez poussé à sortir de ma zone de confort, et au final de n’avoir pas assez renoué contact avec les personnes que je souhaitais voir.

 

Conclusion

Comme je le disais en introduction, la grande difficulté pour les introvertis est de trouver le bon équilibre entre stimulation sociale et solitude.
Je pense qu’il faut passer par des phases de vie dans les deux extrêmes pour apprendre à connaitre son équilibre : des moments de vie sociale intense, qui finissent par nous exténuer et nous donner envie de s’isoler en ermite, et des moments de solitude extrême, qui nous emplissent de bonheur au départ puis finissent par nous déprimer.
Pour trouver son équilibre, il faut ensuite essayer de réduire ces extrêmes, pour se rapprocher le plus possible d’un point d’équilibre idéal. Mais ce point n’existe probablement pas : ce serait trop facile. Il faut donc se laisser faire, s’écarter doucement du point d’équilibre, pour y revenir. Il faut apprendre à dire STOP. Stop à trop de soirées. Stop à trop de solitude. Sortir de chez soi, puis revenir.
Le bonheur est quelque part dans cet équilibre ténu.

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