Vos bonnes résolutions d’introverti

bonnes resolutionsNous sommes en décembre : une année se termine, une nouvelle arrive. Le temps d’écrire nos bonnes résolutions ?

J’en fais tous les ans. J’écris en général une belle liste, noir sur blanc. Un bilan de l’année précédente, puis ce que j’aimerais changer l’année suivante. Quelques semaines plus tard, en général, j’ai perdu le papier. D’ailleurs je n’aime pas beaucoup les bonnes résolutions. Lorsque d’autres personnes me parlent des leurs, je n’y crois jamais vraiment.

Pour moi, les bonnes résolutions sont surtout un moyen de faire un point sur ma vie à un moment donné. De voir ce qui va bien, et ce qui va moins bien. Ce que j’aimerais changer un peu, ce que j’aimerais changer du tout au tout.

Dans l’édition de décembre de la Croisée des Blogs (organisée par le site DevPerso.org), Nassim du blog Architect Living nous propose justement d’aborder les résolutions sous un aspect différent : non pas nos objectifs pour 2015, mais “les habitudes à adopter cette année pour réussir”. Partant du principe qu’une nouvelle habitude mise en place est beaucoup plus puissante qu’un objectif.

Je ne vous propose pas une liste de “cinquante habitudes à prendre, qui vous changeront à coup sûr la vie”. Après longue réflexion, je ne vous en propose que trois.
Ce sont, à mon sens, les 3 plus importantes pour vivre en paix avec soi-même lorsque l’on est introverti.

Ces trois habitudes sont celles que j’aimerais personnellement maîtriser parfaitement, car je sais qu’elles m’aident à être bien.
Elles m’aident à être heureux avec moi-même, et avec les autres. Elles m’aident aussi à voir clair en moi, à prendre les bonnes décisions et à accomplir au quotidien ce que je souhaite accomplir dans ma vie. Ce ne sont pas des habitudes faciles à prendre. Et ce sont des habitudes qui sont en permanence en danger d’être perdues si l’on n’y prend garde. Ce sont des habitudes qui se travaillent toute la vie.

Ces habitudes, les voici.

PREMIÈRE BONNE RÉSOLUTION D’INTROVERTI : S’AUTORISER À ÊTRE INTROVERTI

J’ai passé une bonne partie de ma vie à faire des choses qui ne me ressemblaient pas :

  • participer à des soirées auxquelles je n’avais pas tellement envie d’aller, au fond de moi,
  • voir des amis que je n’avais pas tellement envie de voir,
  • aller voir un concert qui ne m’intéressait pas tellement,
  • répondre à des appels téléphoniques que je n’avais pas envie de prendre,
  • rire parce que tout le groupe rit, alors que je ne trouvais pas ça vraiment drôle,
  • faire le fou parce qu’il faut faire le fou,
  • rencontrer des amis le dimanche parce qu’ils en avaient envie, alors que j’aurais sans doute préféré rester tranquillement chez moi, si je me l’étais avoué à moi-même,
  • etc, etc, etc.

Il n’y a rien de mal à jouer un rôle, parfois. Il faut bien se forcer un peu, parfois faire des choses dont nous n’avons pas très envie, si nous souhaitons garder des amis, ou obtenir le poste dont nous rêvons dans notre entreprise.

Mais la décision de faire (ou ne pas faire) une chose qui ne nous ressemble pas, doit être consciente. Non imposée inconsciemment par “les autres”. (souvent, d’ailleurs, “les autres” sont surtout une projection intérieure de ce que l’on pense nous-même qu’il faut faire ou ne pas faire pour être quelqu’un de respectable).

Pour les introvertis, il y a souvent (je ne dis pas “toujours” !) une tendance à faire des choses qui ne leur ressemble pas : parce qu’il faut être sociable, parce qu’il faut parler haut et fort, parce qu’il faut être visible… Mais pourquoi ?

J’ai appris, avec le temps, à regarder au plus profond de moi mes envies réelles, pour ne pas me laisser entrainer. Chaque fois que l’on sent, au fond de soi, que l’on fait une chose qui ne nous ressemble pas, laisser cette pensée se développer, prendre toute son ampleur, pour bien comprendre ce que c’est : qu’est-ce que cette chose qui ne nous ressemble pas ? Pourquoi ne nous ressemble-t-elle pas ? Et qu’est-ce qui nous ressemblerait ?

Ensuite, prendre la décision de faire ou ne pas faire cette chose qui ne nous ressemble pas : en tout état de cause.

  • S’il y a une bonne raison de faire cette chose qui ne vous ressemble pas (cela ferait très plaisir à une personne que vous aimez, par exemple), alors faites-là.
  • S’il n’y a pas de bonne raison, alors ne le faites pas.

Et chaque fois que l’on hésite sur la décision à prendre, se souvenir qu’il est de notre droit de s’autoriser à faire ce que l’on a envie de faire, de s’autoriser à être introverti. Lorsque l’on fait les choses qui nous ressemblent, on est mieux dans sa peau. De plus, généralement, on fait mieux les choses qui nous ressemblent que celles qui ne nous ressemblent pas !

Autorisez-vous donc à être ce que vous êtes : autorisez-vous à être introverti !

 

SECONDE BONNE RÉSOLUTION D’INTROVERTI : AUTORISER LES AUTRES À ÊTRE CE QU’ILS SONT

J’aimerais vous raconter une petite histoire personnelle.

Je pense être une personne assez tolérante : à l’écoute des autres, intéressé par ce qu’ils pensent, je remets très souvent en question ce que je pense, en essayant de le voir sous l’angle de mon interlocuteur. En tout cas, c’est l’image que j’ai de moi. Celle que j’aimerais avoir de moi, peut-être.

Ecoutez vos enfantsJ’ai un fils, qui va à la maternelle. Mon fils n’a pas, pour le moment, le profil d’un enfant très introverti. Il s’en sort bien dans le collectif qui est relativement nouveau pour lui. J’en suis heureux, parce que mes souvenirs personnels de cette période sont assez douloureux.

La semaine dernière, il y a eu une petite fête, à l’école. Tous les parents étaient conviés, et les enfants ont chanté quelques chansons devant tous les parents. Mon fils s’était visiblement beaucoup préparé. Il avait pris cela très à cœur, et a récité parfaitement toutes les paroles. J’étais très impressionné. Très fier !
Une fois cette représentation finie, nous avons été invité à nous assoir à des tables, parents et enfants ensemble, pour créer des petits objets en poterie. Je trouvais cela amusant et avais hâte de faire cela avec mon fils. Mais impossible. Il voulait rentrer. L’épreuve de la chanson terminée, il ne voulait plus rester une minute de plus dans la classe. Que fut ma première réaction ?

Eh bien ma première réaction ne fut pas de comprendre ce qu’il ressent en cet instant. Ma première réaction fut d’essayer d’insister ! Ce fut également de me dire que tous les autres enfants et parents restaient, qu’allaient-ils penser si nous nous en allions ?

Quelques minutes plus tard, mon amour et ma compréhension pour mon fils ont repris le dessus : je compris ce qu’il ressentait et acceptais de partir, sans en faire aucun drame. Il avait passé la journée avec la pression et le but de la chanson devant les parents en fin de journée, et une fois l’épreuve passée, il était épuisé mentalement. Plus aucune force pour continuer à affronter le collectif. Il voulait être seul à la maison, dans son cocon. Mon âme d’introverti l’a finalement compris, et nous sommes rentrés.

La tolérance est un combat de tous les jours.
La compréhension de l’autre n’est jamais acquise. C’est toujours notre moi qui ressort en premier, et la facilité est souvent de dire et de penser que notre vérité est la seule vérité. Même les personnes les plus tolérantes ne sont jamais à l’abri de moments d’intolérance. Et doivent être à l’affut de ces moments où l’”égoïsme” le plus profond ressort.

Au delà des avantages humanistes de la tolérance, Il y a un avantage certain à comprendre et respecter les différences des autres : le respect des autres amène souvent leur respect de vous.

Il y a un risque à devenir fier d’être introverti, c’est de finir par se sentir supérieur aux autres types de personnes. Devenir hautain vis à vis des extravertis. Les considérer par rapport comme des personnes superficielles et inconséquentes. Ce n’est pas et ce ne sera jamais le message que je souhaite faire passer sur ce blog.

D’ailleurs, je pense sincèrement que pour être un introverti heureux et fier de l’être, il faut être tout à fait conscient de nos différences avec les personnes extraverties, et apprécier les qualités de l’extraversion à leur juste valeur. Sans les dénigrer, sans les mettre sur un piédestal. Simplement comme des différences que nous connaissons, et respectons.

La tolérance amène la tolérance : autorisez les autres à être différents, ils vous autoriseront à être différent.

 

TROISIÈME BONNE RÉSOLUTION D’INTROVERTI : OPTIMISER SON NIVEAU D’ÉNERGIE

Je pense que la chose la plus importante pour nous, introvertis, est de savoir gérer notre niveau d’énergie.

Gérer son énergieSi nous nous isolons, nous sommes bien au chaud, mais rapidement malheureux (sans amis, sans buts, sans objectif pour nous faire “vibrer”). Si nous nous plongeons trop dans le monde, nous nous épuisons et devenons sans défense, sans mots, sans énergie.

Nous devons donc en permanence trouver ce niveau d’énergie idéal, qui nous rend à la fois sereins, heureux, tout en restant des être sociaux, car nous en avons besoin comme tout le monde.

Pour les personnes plutôt extraverties, il est relativement aisé de trouver le niveau de stimulation dont ils ont besoin : il suffit de sortir, de voir des amis, de travailler, de marcher dans une rue encombrée…
Pour les personnes plutôt introverties, c’est souvent plus compliqué. Il faut trouver dans sa vie, dans sa famille, dans son emploi, les moments qui nous permettent de récupérer. Il ne faut pas abuser des moments de stimulation intense, et c’est parfois difficile lorsque l’on passe d’une journée de bureau envahie de collègues et de réunions à une soirée familiale avec des enfants qui crient. Ou lorsque l’on passe des journées entières sur les bancs de l’école, entouré de trente autres élèves.

Lorsque notre énergie est à son niveau maximum, nous sommes capables de faire des choses surprenantes. Nous somme capables d’affronter des foules, des groupes d’amis, des présentations devant des collègues… Mais lorsque notre niveau d’énergie baisse trop, lorsque nous en faisons trop, cela devient plus difficile. On devient “timide”. On devient irritable. On devient effacé. On disparait aux yeux des autres. Parfois notre personnalité même disparaît, incapable ni d’émettre un son ni de penser intérieurement de manière objective.

Comment trouver cet équilibre ? Comment avoir ce niveau optimum d’énergie qui nous permet de réussir les grandes choses que nous souhaitons réussir dans notre vie ?

La réponse est en vous. Chacun doit analyser sa vie, et comprendre ce dont il a besoin, et quels sont les possibles.

Mais comme c’est, selon moi, l’un des thèmes les plus importants de l’introversion, j’en reparlerai. D’autres personnes en parleront aussi très prochainement, sur ce blog et sur d’autres. Je ne vous en dis pas plus pour le moment, vous saurez tout dans quelques jours.

 

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Crédits photos : vincent guillocher, Bindaas Madhavi, Alfonsina Blyde, Flickr