6 Clés pour avoir confiance en soi quand on est introverti

Cet article a été rédigé par l’équipe du site David LAROCHE

En fonction des sources, les personnes introverties représenteraient 30 à 50% de la population française. 
Ce trait de caractère s’accompagne de nombreuses idées reçues et préjugés qui stigmatisent les introvertis et affectent leur confiance en eux-même.

Dans les lignes qui suivent, vous découvrirez 6 clés qui vous aideront à avoir confiance en soi, en tant qu’introvertie.

Introverti ou timide

Avant tout propos, il est essentiel d’apporter une clarification de conception à une situation qui semble être à la base de l’amalgame qui est fait entre le trait de caractère introverti et l’espèce de torpeur caractéristique dont on semble systématiquement affublé les personnes introverties.

Il ne serait en rien exagéré de dire que notre modèle sociétal tel qu’il est conçu, exalte l’ouverture et la proactivité ostentatoire. Que ce soit dans le monde du travail ou même scolaire, le système semble conçu pour particulièrement favoriser l’épanouissement des personnes extraverties. L’extraversion est ainsi perçu comme étant le seul tremplin efficace vers une réussite sociale “normale”. Une lecture démontrée par les chercheurs de l’Université de Californie dans une étude sur la question. Ils rapportent notamment que les personnes introverties se sentaient plus heureuses lorsqu’elles s’obligent à afficher un visage extraverti en société (1).

Les personnes introverties sont bien souvent perçues à tort comme étant moins aptes à des postes de direction ou encore moins débrouillardes, moins susceptibles de réaliser de belles performances. Une croyance qui tire souvent son fondement dans l’amalgame qui est fait entre introversion et timidité extrême. Mais dans les faits, il n’y a rien de plus éloigné de la réalité. L’introversion peut même être transformée en force.

Élaboré par Carl Jung, l’introversion est un concept psychologique qui décrit les personnes qui tirent leur énergie du recadrage sur elles-mêmes plutôt que dans l’environnement externe. La personne introvertie ne souffre donc pas d’agoraphobie. Elle est parfaitement capable de prendre ses aises en public et diriger une équipe de collaborateurs dans un environnement complexe. En réalité, l’introversion est une dominance dans les traits de caractère innés. Personne n’est complètement extraverti ou introverti. Par ailleurs, de nombreuses personnes décrites comme extrêmement introverties n’en demeurent pas moins capables de s’adapter à leur environnement pour accomplir leur mission.

La plupart des gens vivent constamment avec leurs potentiels restreints.

Cette observation de William James traverse les âges et n’en demeure pas moins pertinente dans notre société contemporaine. La raison pour laquelle nombre de personnes ne réalisent jamais leur potentiel n’est pas tant un manque d’intelligence, d’opportunités ou de ressources. Qu’est-ce qui explique l’audace de certains alors même que beaucoup sont constamment en proie au doute, l’hésitation et la procrastination ? Les introvertis seraient-ils par nature, de mauvais séducteurs, personnages publics ou entrepreneurs ? 

En réalité, toute cette problématique trouve son fondement dans la confiance en soi. L’étymologie du terme en anglais : Self/ soi, con/avec, fidence/ foi sous-entend l’idée de la foi en soi-même. 

La confiance en soi est l’élément fondamentale dont le défaut limite le passage à l’action, alors même que toutes les conditions sont réunies. Il faut également reconnaître que la configuration sociale dans laquelle doivent évoluer les personnes introverties peut exacerber ce manque de confiance en soi, pourtant si primordiale. 

La confiance en soi : qu’est-ce que c’est ?

Il est très courant de penser ou d’associer la confiance en soi avec un talent inné dont la providence aurait gratifié certains tandis que beaucoup d’autres l’appellent de tous leurs vœux sans grand succès. 

Pourtant, la confiance n’est pas un attribut fixe, mais plutôt l’expression d’un état d’esprit qui s’inscrit dans une dynamique proactive. C’est la résultante du type de pensées que nous entretenons ainsi des actes que nous posons ou pas dans ce cadre. À priori, la confiance en soi n’est pas basée sur votre capacité réelle à réussir une tâche, mais sur votre croyance en votre capacité à réussir. Par exemple:

  • Votre confiance en votre capacité à apprendre et réussir à parler devant un public
  • Votre confiance en votre capacité à apprendre une nouvelle technologie
  • Votre confiance en votre capacité à diriger une équipe
  • Votre confiance en votre capacité à gérer la confrontation ou à gérer les conflits
  • Votre croyance en votre capacité à changer d’emploi ou de carrière, à mettre fin à une relation ou à démarrer une entreprise.

Il est établi depuis longtemps que les croyances que nous avons (qu’elles soient vraies ou pas) dirigent nos actions et façonnent nos vies. La bonne nouvelle est que de nouvelles recherches sur la plasticité neuronale révèlent que nous pouvons littéralement recâbler notre cerveau de manière à affecter nos pensées et notre comportement à tout âge (2). Ce qui signifie que peu importe à quel point vous avez été timide ou chargé de doutes jusqu’à présent, la construction de la confiance en soi est en grande partie ce que les psychologues appellent volitionnel. Ou en des termes plus simples : « dépend d’un choix, d’une volonté consciente d’y arriver ». Avec des efforts constants liés à des actions hors de votre zone de confort, il est possible de développer progressivement sa confiance en soi et, avec elle, la capacité à la faire grandir davantage.

Comme mentionnée plus tôt, la confiance est une notion dynamique qui peut connaître des variations tout au long de notre vie. Elle est par exemple stimulée lorsque nous connaissons une victoire ou recevons des éloges. Mais elle peut également prendre un coup lorsque nos efforts ne sont pas à la hauteur, que nous sommes critiqués, rejetés ou que nous ressentons simplement un manque de reconnaissance externe. Nous sommes des êtres humains après tout. 

Plus qu’une étape à atteindre, la confiance en soi est un style de vie qu’il faut s’efforcer d’entretenir. Il est donc essentiel de ne pas trop dépendre de l’affirmation extérieure pour soutenir notre estime de soi, mais de s’approprier les actions utiles nécessaires pour la maintenir. 

La question est alors de savoir : Comment construisez-vous la confiance nécessaire pour surmonter vos défis et atteindre vos objectifs, en particulier lorsque vous êtes introverti ?

Faites comme si…

“Je ne sais pas ce qui est possible ou non alors j’agis comme si tout est possible”

Tout comme les recettes les plus simples donnent les meilleurs plats, les conseils les plus simples peuvent produire les meilleurs résultats. 

Osez, tentez, sortez de votre zone de confort ! Les recherches scientifiques sur la construction d’un solide sentiment de confiance en soi et sur l’élimination du doute de soi qui peut la saper foisonnent. Mais leurs conclusions se résument essentiellement à la décision que vous prenez de vous soutenir dans votre initiative et de prendre un risque.

Alex Malley, auteur à succès de The Naked CEO, estime que : “La seule façon de renforcer la confiance en soi est de prendre un risque et d’agir malgré votre peur de l’échec, de la confusion ou de l’embarras. Si les choses fonctionnent, alors vous savez maintenant que vous pouvez faire plus que vous ne le pensez. Si les choses ne fonctionnent pas, vous savez maintenant que vous pouvez gérer plus que vous ne le pensez. Dans tous les cas, vous gagnez en expérience.”

Clé N°1 : Une question d’attitude

Chez plusieurs espèces grégaires de grands singes telles que les chimpanzés, il arrive souvent que les leaders s’affrontent pour la position de dominant dans le groupe. À l’issue de ces combats, on observe automatiquement deux changements physiologiques chez le perdant. Lesquels selon vous ? 

Épaules baissées et testicules remontées. Cette dernière n’étant pas forcément pertinente dans notre cas 😅

Mais qu’à cela ne tienne, c’est la posture de soumission de la victime. Et étrangement, c’est de cette même façon qu’on se tient lorsqu’on a peur. Mais en définitive, est-ce la posture qui influence nos émotions ou les émotions qui conditionnent la posture ?

Selon Richard Petty, professeur de psychologie dans l’Ohio aux États-Unis, il existe une zone du cerveau qui reflète la confiance en soi. Dès lors que cette zone est activée, la façon dont elle l’a été importe peu, les résultats sont les mêmes. Personne en dehors de vous ne peut ainsi être en mesure d’identifier l’origine de votre confiance en vous. Et même pour vous, il sera de plus en plus difficile d’opérer la distinction puisque la confiance en soi est aussi renforcée par le fait d’être perçu par son entourage comme étant confiant. Un cercle vertueux pour ainsi dire.

Suivre ses convictions profondes

En tant que PDG de CPA Australia, un organisme comptable mondial de premier plan comptant plus de 150 000 membres dans le monde, Malley indique avoir observé beaucoup trop de personnes restées au même poste pendant trop longtemps. Une inaction qui tire son fondement dans le fait que chacune de ces personnes a fini par adhérer à la conviction qui érode leur assurance (et limite leur carrière) qu’elles ne peuvent rien faire d’autre.

Cela s’observe également sous nos cieux. Une personne atteint un minimum de succès dans sa vie professionnelle ou sentimentale et s’y accroche au point de ne plus vouloir faire ou ne serait-ce qu’envisager des situations alternatives où elle ne jouirait plus de cette espèce de confort. Elle commencera donc à passer plus de temps dans cette zone de confort où le risque d’échec est minime et où il suffit de très peu pour ébranler sa confiance. Du moins à court terme. Mais quand on arrête de tenter, on arrête d’apprendre et quand on arrête d’apprendre, on arrête de grandir…

  • Développer nos connaissances et nos compétences.
  • Augmenter notre valeur.
  • Développer notre compétence.
  • Résilience croissante.
  • Accroître notre influence.
  • Auto-efficacité croissante.
  • Une confiance croissante dans notre capacité à faire bouger les choses !

Plutôt que de jouer pour gagner et forger un nouveau terrain, les gens deviennent motivés par la peur de perdre le terrain qu’ils ont déjà. Leur réticence à mettre leur réputation et leur sécurité en jeu à court terme se traduit par la perte de plus grandes opportunités à venir ; des opportunités qui vont à ceux qui n’ont jamais cessé de s’étirer, de grandir, d’apprendre et de renforcer leur confiance en cours de route.

« Pensez à quelque chose que vous avez toujours voulu faire, mais que vous avez évité parce que vous craignez que cela ne soit embarrassant ». Maintenant, videz votre esprit et essayez-le. Ce n’est pas seulement vital pour votre succès futur, mais ne pas prendre de risque et « essayer » peut finalement mettre en péril la confiance que vous avez maintenant. C’est le fameux principe du “Si vous ne l’utilisez pas, vous le perdez”.

Clé n°2: Respirez

Quelle est la pertinence de cette clé ? Eh bien, la tonicité physique et la vivacité mentale sont toutes deux influencées voir conditionnées par l’apport en oxygène. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles ces capacités dégringolent assez rapidement en cas de manque d’oxygène. Étonnamment, le manque de confiance en soi se traduit souvent par une mauvaise respiration. On pourrait faire une analogie avec les manifestations du trac ou du stress à ce niveau là pour une meilleure mise en perspective. Fort heureusement, il suffit de quelques répétitions d’un exercice très simple pour corriger le tir à chaque fois. 

Selon le Dr. Patricia Gerbarg, professeur de psychiatrie du New 

« Si vous respirez correctement, votre esprit va se calmer. »

Clé n°3: Le ratio bénéfice/risque et le pourquoi ?

Parmi les divers modes de fonctionnement de notre cerveau, celui qui permet l’évaluation du ratio bénéfice/risque est sans aucun doute à l’origine de la plupart des décisions que nous prenons. Le bon fonctionnement de ce système est assuré par la partie limbique du cerveau. C’est elle qui évalue chacune de nos décisions afin de nous orienter vers le plaisir tout en évitant au maximum la douleur. 

Cependant il est tout à fait possible de biaiser cette évaluation ou a minima, d’en changer le sens à travers une simple modification de la grille de lecture.

En l’occurrence, dans le cadre d’une action future, ce qui effraie ou point où l’on n’ose pas, ce n’est pas tant la situation en elle-même. C’est surtout la manière dont on la perçoit. 

Par exemple, si je vous demande de draguer cette inconnue sexy.

La peur du rejet peut nous maintenir dans l’inaction. En effet, on perçoit très certainement moins d’inconvénients à ne rien faire que d’y aller.

Par contre, si l’on vous tient en joue avec une arme, prêt à tirer si vous n’allez pas aborder cette inconnue,  il y a de très fortes chances que cela change complètement le ratio plaisir souffrance. Lorsque le pourquoi est suffisamment solide, oser devient facile. Et cela l’est d’autant plus si vous arrivez à mettre un système de motivation auto-induite au cœur de vos actions. 

Clé n°4: La force des moments magiques et puissants de votre vie

Chez l’être humain, les représentations mentales tiennent une place fondamentale sur la qualité et la fluctuation de nos émotions. Par exemple, si l’on vous présente des images de scènes violentes ou affligeantes, cela fera automatiquement changer vos émotions. Dans le même temps, en face d’images de victoire, de vainqueurs qui célèbrent, de couples qui s’aiment, de beaux paysages ou encore de décors féériques, vos émotions changeront également.

Ces diverses représentations mentales vont selon le cas mettre votre imagination et votre énergie créatrice pour le meilleur comme pour le pire. Efforcez-vous donc de nager dans les bonnes vibrations, de vous entourer de personnes qui ne sont pas excessivement pessimistes. C’est la force de la visualisation. Vous êtes ce que vous pensez.

Clé n°5: 5, 4, 3, 2, 1, et GO ! 

Vous la connaissez très probablement cette petite voix contradictoire qui se réveille pile au moment où tout est en place pour passer à l’action. Petite voix qui ne cesse de sussurer toutes les raisons pour lesquelles l’on est pas encore prêt et que l’échec et l’embarras sont inévitables. Et pour ne rien arranger, il ne faut que 3 à 6 secondes pour que votre cerveau se crispe et prête toute son attention à cette petite peur.

Mel Robbins a ainsi popularisé la règle des cinq secondes. En pratique, elle consiste simplement à compter à rebours « 5, 4, 3, 2, 1, Go » et de se lancer immédiatement par la suite. L’idée derrière cette règle est qu’une flèche décochée n’a plus d’autre  choix que de poursuivre son vol. Cette technique vous permet ainsi de saturer le mental pendant le décompte pour ne pas avoir le temps de rationaliser. Ainsi, vous allez stimuler une réaction réflexe qui facilitera encore plus le passage à l’acte. 

Clé n°6: Les petits pas

Celui qui veut déplacer une montagne commence par bouger de petite pierre disait Confucius. L’habitude devient une seconde nature parce qu’on l’aura répété des centaines de fois au point où elle s’ancre dans le système limbique du cerveau. C’est d’ailleurs de cette manière que se forme la fameuse zone de confort.

La question est : Comment élargir cette zone ?

Comme mentionné plus haut, nos actions sont régies par une évaluation du ratio plaisir/souffrance. Notre cerveau aura ainsi tendance à associer le plaisir avec le connu et la souffrance à l’inconnu. Par conséquent, ne tentez pas des grosses excursions en dehors de la zone de confort. On ne booste pas sa confiance en soi en une nuit. Il sera bien plus facile de trouver la force de passer à l’action si la nouveauté est petite et que la raison d’y aller est grande.

En sortant peu à peu et de façon régulière de votre zone de confort, celle-ci s’étendra inexorablement, rendant au passage, confortable une situation qui ne l’était pas forcément à vos débuts. 

Le juste équilibre

Les traits de caractères humains ne sont jamais binaires. 

Cependant, en se basant sur une perspective purement schématique, certaines situations, certaines missions correspondent mieux à un certain type de personne. Par exemple, dans un cadre professionnel, la tendance générale sera d’avoir plus de personnes extraverties à des postes impliquant la communication, le marketing ou les ressources humaines. Inversement, davantage d’introvertis au niveau de la finance ou de l’ingénierie. Cela dit, il ne s’agit certainement pas d’une règle absolue. Il existe de nombreux politiciens, chefs d’entreprises ou orateurs à succès qui sont pourtant des introvertis. 

Avec la bonne dose de confiance en soi, on peut obtenir les résultats souhaités dans n’importe quel domaine. Pour peu que vous y mettiez les ressources et le temps nécessaire à l’accomplissement de vos objectifs.

Pour aller plus loin, découvrez ici comment créer l’écosystème nécessaire pour réaliser ses rêves.

Sources :

  1. Margolis, S., & Lyubomirsky, S. (2020). Experimental manipulation of extraverted and introverted behavior and its effects on well-being. Journal of Experimental Psychology: General, 149(4), 719.
  2. Disterhoft, J. F., & Oh, M. M. (2006). Learning, aging and intrinsic neuronal plasticity. Trends in neurosciences, 29(10), 587-599.

(Note de Julien Prest :
Merci à David Laroche et son équipe pour cet article sur la confiance en soi !
Pour continuer votre lecture, voici une sélection : une technique pour avoir confiance en soi dans les groupes, et une lettre ouverte aux introvertis, pour adresser le manque de confiance en soi.)