Ralentir pour réussir, ou l’art de prendre son temps pour aller vite

“Ralentir pour réussir”. Tel est le thème que nous propose Alexandre auteur du blog “C’éclair !”, dans le cadre de la rencontre mensuelle A la Croisée des blogs des blogueurs de développement personnel, organisée par le site devperso.org.

Ralentir pour réussir”, je ne pouvais que participer ce mois-ci !

Car avoir besoin de lenteur, cela fait presque partie de la définition du mot “introverti”. Lorsque l’on est introverti, on a besoin de calme pour se sentir bien. Pour faire le plein de cette énergie nécessaire à l’accomplissement de nos projets. Pour prendre des forces et mieux sortir dans le grand monde.

Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage”, disait La Fontaine.

Nous sommes débordés d’urgences. Le temps s’accélère. Les délais sont de plus en plus courts. L’email nous permet d’exiger une réponse en quelques heures. Les réseaux sociaux nous poussent à réagir dans l’instant.

Et cela se retrouve dans nos relations. Dans nos discussions. Dans nos emplois. Il faut décider rapidement. Avoir un avis tranché sur tout, rapidement. Donner des résultats, rapidement. Dire ce que l’on pense.

Il n’est plus dans l’ère du temps de demander délai de réflexion, de ne pas savoir exprimer immédiatement ses sentiments et ressentis, son avis.

Mieux vaut parler rapidement et mal que se taire. Mieux vaut donner un avis, quel qu’il soit, que d’en laisser d’autres le faire à notre place. Mieux vaut s’imposer le plus vite possible, de peur que d’autres (amis personnels ou concurrents de notre entreprise) soient plus rapides que nous.

Pourtant, la vision à court terme ne paie que rarement.

Je m’en rends compte avec mon blog : les articles de qualité, dans lesquels j’ai mis du cœur, perdurent, et continuent à être lus, encore et encore. Les articles sans âme, écrits simplement “parce qu’il faut bien parler de cela”, sombrent rapidement dans l’oubli.

Je m’en rends compte dans mes discussions également. Lorsque je m’autorise à prendre mon temps pour répondre. Lorsque j’accepte le fait que j’aie besoin de réfléchir avant d’exprimer ma pensée, je parle bien. Je dis des choses qui me ressemblent. Les mots ne sortent pas simplement pour le plaisir de sortir.
Lorsqu’au contraire, je me laisse entraîner par le rythme effréné des autres, je me surprends souvent à dire des choses que je ne souhaitais pas dire. Qui ne me ressemblent pas.

Comme beaucoup d’introvertis, j’ai besoin de temps pour réfléchir à ce que je vais dire ou décider.

J’ai besoin de mettre en ordre mes pensées. D’analyser l’information que je viens d’entendre, en comprendre la signification profonde, pour me créer mon propre avis et enfin émettre une réponse. Et lorsque je ne m’accorde pas ce temps, que les circuits sont raccourcis, l’avis que j’émets n’est souvent pas le bon. C’est mon fonctionnement, et c’est le fonctionnement de beaucoup de personnes introverties. Mais c’est également le fonctionnement de nombreuses personnes non introverties, qui ne s’en rendent pas toujours compte.

Au-delà des personnes introverties, la société entière gagnerait à ralentir le rythme

Dans son best-seller “La force des discrets”, Susan Cain démontre à quel point notre monde occidental, surexcité, gagnerait à ralentir le rythme. D’ailleurs, le titre anglais est “Quiet”. Que l’on pourrait traduire par tranquillité, calme… Et c’est bien ce qui est le grand point fort de ce livre, et l’une des raisons de son succès international.
Bien-sûr, ce livre s’attache avant tout à redonner confiance aux personnes introverties, en montrant leurs belles qualités. Mais Susan Cain ne s’arrête pas là : non seulement les personnes introverties gagneraient à ralentir leur rythme, pour se sentir mieux dans leur peau, mais la société toute entière gagnerait à ralentir le rythme dans lequel elle s’est engouffrée ces dernières décennies. Pour des décisions de plus grande qualité, pour des visions à plus long terme, pour une meilleure qualité de vie. Les personnes qui ne se reconnaissent pas dans le tempérament introverti gagneraient à écouter de temps en temps leurs amis et collègues introvertis. A leur laisser le temps de réfléchir pour donner leur avis. Ces personnes gagneraient à prendre plus de temps elle-mêmes, parfois, avant de décider.

D’ailleurs, certaines études américaines montrent que 50% des top managers seraient introvertis. Les introvertis seraient donc sur-représentés dans les très hautes fonctions de décision. Les personnes introverties sont souvent des personnes réfléchies. Qui aiment observer en silence, écouter, avant d’émettre un avis. Les managers introvertis sont souvent des personnes n’hésitant pas à demander un délai de quelques jours avant de présenter leur avis ou leur décision, comme en témoignaient plusieurs top-managers dans un article de la revue “Management” (septembre 2014 – “Les vertus retrouvées des managers introvertis” – retrouvez-en un extrait en cliquant ici).

Ralentir pour mieux accélérer

Sur ce blog, j’ai souvent crié à la nécessité de s’accorder le temps d’être soi, lorsque l’on est introverti.

S’accorder des plages de calme, pour prendre des forces.
Pour prendre la force d’aller vite par la suite. Pour prendre la force d’aller à la rencontre des autres. Sans ce calme préalable, nous n’avons pas les ressources pour réussir.

S’autoriser à suivre son propre rythme
Répondre à son rythme : prendre le temps de donner des réponses de qualité dans la discussion.
Aller à son rythme : s’autoriser à prendre le temps nécessaire pour les activités qui nous demandent du temps.

Bien-sûr, il faut savoir aller vite, aussi.

En écrivant ces mots, une image me vient à l’esprit : celle du sprinter. Il s’accorde de longues plages de repos entre chaque sprint. Plages de calme absolument nécessaires à son succès. Si notre sprint est notre projet d’entreprise, ou bien notre sortie avec des amis en fin de semaine, il nous faut également apprendre à faire le calme entre deux sprints de ce type, pour recharger nos batteries, et pouvoir donner le meilleur de nous lors des ces sprints que nous proposent la vie.
Et puis, au départ du sprint, ces sportifs sont plongés dans leur corps, dans leurs ressentis… ils sont en position de départ, et observent la piste devant eux, le chemin qui les mènera à la victoire. Et ils se concentrent sur chaque détail de leur corps : leur souffle, chaque muscle tendu, leur position. Tout est important et réfléchi. Lorsque l’on crée un projet difficile pour nous. Ou lorsque l’on décide d’aller à une rencontre avec des collègues, ou des amis, rencontre qui nous inquiète car nous avons peur de ne savoir que dire. Il est important de prendre le temps de se préparer. De calmer le rythme, avant, pour réussir cet évènement.

“Ralentir pour réussir”, une nécessité toute particulière, donc, pour les personnes introverties, mais aussi pour tous ceux qui aiment prendre des décisions de qualités, voir le projet réussir sur le long terme, ou avoir des relations de qualité.

Et vous, arrivez-vous à ralentir le rythme dans votre quotidien ? Savez-vous prendre le temps de réfléchir, ou de rêver ?

6 commentaires

  1. Yes Julien tu es le premier contributeur du festival ralentir pour réussir !
    Je te reconnais bien là : l’efficacité sans l’agitation. Bravo !
    Pour ma part avec BoB, c’est une histoire de bouchon : http://objectifbonheur.com/entry/ralentissement-que-faire 😉

  2. Hehe, oui oui, le festival étant organisé par le blog « C’éclair – l’efficacité au quotidien », je me suis dit qu’il fallait faire preuve d’efficacité pour l’occasion ! 🙂 Bravo pour ta participation !

  3. Dans le même registre de ce que tu dis, c’est évident que métaphoriquement il convient de ralentir pour négocier les virages mais avant tout d’avoir étudié la route pour ne pas rouler à 50 à l’heure tout le long du chemin et inversement.
    Bref comme tu dis trouver le bon équilibre entre l’accélération et le ralentissement. Mais par dessus tout éviter d’avoir le pied sur la pédale d’accélération et la pédale de frein.
    A+
    Jordane

  4. lol, merci pour la métaphore, pourquoi pas 🙂

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